Les Inrocks licencient deux ex-membres de la Ligue du LOL

La Ligue du LOL se retourne contre ses auteurs. Après les dénonciations de harcèlement des dernières semaines, certains journalistes bénéficiant d'une grande assise dans les médias français se sont retrouvés au pied du mur et ont présenté leurs excuses à leurs victimes d'antan. Celles-ci n'ont pas suffi pour les Inrocks: le magazine a décidé de se séparer de son rédacteur en chef et de son adjoint. Ces deux derniers sont licenciés pour "faute grave".

Ils ont joué et contre tout attente, ils ont perdu. La soudaine libération de parole des victimes de la Ligue du LOL aura eu raison de certaines personnalités de la presse française. David D., rédacteur en chef des Inrockuptibles, et François-Luc D., rédacteur en chef adjoint, tous deux ex-membres du groupe très fermé de plaisantins harceleurs, ont été remerciés par leur employeur.

Un signal fort
Ce dernier évoque une "faute grave" pour justifier le licenciement, indique Libération ce vendredi. Le quotidien évoque "deux arguments principaux: l'impact négatif sur l'image du journal et sur la crédibilité journalistique des intéressés au sein de la rédaction, et également des comportements non-professionnels dans l'exercice de leur fonction hiérarchique". 

Notamment en cause, la manière dont David D. a incité ses subordonnés à "bombarder d'articles le site des Inrocks pour mettre le chef des secrétaires de rédaction sous pression". Le Monde fait de son côté état de "comportement déplacés" et systématiques envers toutes les nouvelles recrues de la rédaction. En se séparant de ses journalistes haut-placés, l'hebdomadaire culturel français vient donc de poser un geste fort en se désolidarisant totalement de ce genre de comportements qui faisaient pourtant jusqu'ici l'objet d'une omerta médiatique.

Pénitence
David D. avait pour sa part reconnu ses agissements passés au sein de la Ligue du LOL via un mea culpa sur Twitter. Il y évoquait la "dégueulasserie" des canulars téléphoniques qu'il avait montés et avait reconnu avoir agi par lâcheté et vanité en plaidant toutefois l'effet de groupe. Il avait également salué le courage de sa victime Florence Porcel, auprès de qui il s'était fait passer pour un recruteur, d'avoir parlé. La journaliste de vulgarisation scientifique avait réagi en le remerciant pour ses excuses (voir ci-contre).