Sortie le 4 janvier. On ne pourra pas dire qu'on ne savait pas. #Ariane #DonQuichotteEditions @grignon_julien pour @technikart_mag

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Myriam Leroy nous emporte dans le tourbillon de l'adolescence

INTERVIEWAprès la radio, la télévision, mais aussi le théâtre, Myriam Leroy sort aujourd'hui son premier roman, "Ariane". On y découvre l'histoire de deux jeunes filles liées par une amitié toxique, faite de codes et de trahisons. La journaliste dresse un portrait dur, mais juste, de l'adolescence dans une petite ville wallonne au beau milieu des années 1990.

Dès les premières lignes, Myriam Leroy nous emporte dans le tourbillon de l'adolescence. Ariane est belle, riche, et libre. La narratrice ne se trouve pas jolie, vient d'un milieu modeste, et rêve de s'intégrer dans sa nouvelle "école de riches" du Brabant wallon. L'histoire est avant tout une histoire d'amitié passionnelle et destructrice, suivie d'une rupture douloureuse, traitée comme une rupture amoureuse.

Avec "Ariane", Myriam Leroy aborde le thème de l'adolescence sans concession. Les personnages qu'elle dépeint sont parfois cruels, parfois pitoyables, mais surtout terriblement réels. On ne peut s'empêcher de reconnaître en eux l'ado qu'on a nous même été.

Ce roman très contemporain est truffé de références qui plairont à ceux qui, eux aussi, étaient adolescents durant les années 1990. L'écriture à la première personne, les retours dans le présent, et les similitudes avec le parcours que l'on connaît de la journaliste nous laissent parfois confus. Myriam Leroy a-t-elle réellement vécu tout ce que sa narratrice raconte? Au final, peu importe. "Ariane" est un roman dans lequel on est happé et dont on ne ressort pas indemne.

Citation

"Quand j'ai eu douze ans, mes parents m'ont inscrite dans une école de riches. J'y suis restée deux années. C'est là que j'ai rencontré Ariane. Il ne me reste rien d'elle, ou presque. Trois lettres froissées, aucune image. Aucun résultat ne s'affiche à son nom sur Google. Ariane a vécu vingt ans et n'apparaît nulle part. Quand j'ai voulu en parler l'autre jour, rien ne m'est venu. J'ai souhaité sa mort et je l'ai accueillie avec soulage­ment. Elle ne m'a pas boule­versée, pas torturée, elle ne revient pas me hanter. C'est fini. C'est tout."

Myriam Leroy, "Ariane"
Plein écran
Dans "Ariane", on est bien loin du fantasme de l'adolescente mystérieuse et incomprise dépeint dans le film "Virgin Suicides" de Sofia Coppola. © photo_news

Shooting avec le très talentueux @romgarcin. #FemmeDesAnnees80

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Dans "Ariane", vous abordez le thème de l'adolescence. On y retrouve des personnages "bruts", loin des jeunes qu'on a l'habitude de voir dans d'autres oeuvres. C'est cru, et même parfois dérangeant. Est-ce que c'est ça pour vous l'adolescence?
Personnellement je ne trouve pas ça dérangeant, mais c'est vrai que ceux à qui j'ai déjà fait lire le roman me disent qu'il y a quelque chose d'assez oppressant, d'assez glauque, et une grande crudité. Moi j'avais l'impression de faire un rapport honnête de ma perception de ce qu'était l'adolescence dans les années 90. Je trouve qu'aujourd'hui, dans la fiction sur l'adolescence, on voit beaucoup de gosses de riches qui prennent de la coke, des pilules et qui se déglinguent toute la journée,... ce que je trouve peut-être plus dérangeant qu'une amitié toxique entre deux adolescentes. Par contre, j'avais vraiment à cœur de montrer des personnages féminins dans toute leur crudité, parce que ce ne sont pas des personnages qu'on a l'habitude de voir. En général, dans la plupart des fictions qui traitent de l'adolescence, que ce soit au féminin ou au masculin, on voit les filles comme des espèces de sirènes éthérées qui méprisent les garçons, et les garçons sont des espèces de vermisseaux qui font ce qu'ils peuvent pour être remarqués par ces superbes nanas mystérieuses et incompréhensibles. J'avais envie de montrer que c'est encore un cliché sexiste. Les filles peuvent être tout aussi misérables, tout aussi minables, être en quête d'amour, de sexe et d'approbation, tout autant que les garçons.

C'est peut-être le fait de retrouver l'ado qu'on a pu être qui met mal à l'aise.
J'ai essayé que ce soit juste. Je ne raconte pas mon adolescence, mais j'ai quand même tiré beaucoup de choses de mon histoire. Il y a beaucoup de sentiments, mais aussi des traits du personnage principal, que j'ai tiré de moi-même et du souvenir de ce que j'étais. Je trouve ça génial que d'autres puissent s'y retrouver.  

Le roman est écrit à la première personne, prend place dans les années 90. On ne peut s'empêcher de se demander si ce qu'on lit est vrai. Est-ce que vous pouvez nous révéler s'il y a une part de vérité?
Je le revendique: ce n'est pas un travail autobiographique. Mais ce que je revendique aussi, c'est que je me suis basée sur des éléments de ma propre histoire pour créer des personnages et des situations. C'est vrai que j'aime bien entretenir la confusion, je l'ai fait à dessein. Qu'est-ce que ma voix, la voix d'un personnage de fiction, qu'est-ce que la vérité? En tant que lectrice, ce sont des trucs que j'aime beaucoup lire. J'ai adoré le livre de Delphine de Vigan, "D'après une histoire vraie". On ne sait pas ce qui est vrai, ce qui est faux, ça part d'une situation réelle de sa vie et ça donne des frissons. L'important, c'est qu'on n'ait jamais la réponse. À partir du moment où on cherche la réponse, et qu'on l'obtient, ce n'est pas amusant.

Vous ne redoutez donc pas que les lecteurs tirent leurs propres conclusions?
En fait, je m'en fiche. Ils peuvent faire la confusion. Moi je sais ce que j'ai fait et ça ne m'appartient plus de dire au gens comment le lire ou comment l'interpréter.

La narratrice raconte également que ce bouquin lui permet de comprendre et de faire le deuil des événements survenus durant son adolescence. Est-ce que livre vous a réellement servi d'exutoire?
Non pas du tout. Je crois vraiment que l'écriture thérapeuthique peut être intéressante d'un point de vue psychanalytique, pour se purger de quelque chose, mais d'un point de vue littéraire, c'est souvent nul. En tout cas d'après ma propre expérience, à chaque fois que je voulais écrire sur des choses qui me touchaient, qui me bouleversaient, que j'avais envie de comprendre, c'était très bête et très premier degré. Il n'y avait pas de distance. Et pourtant c'est là que l'écriture nous vient le plus naturellement et qu'elle jaillit de nous, quand on est bouleversé, torturé. C'est alors très facile d'écrire, mais à la relecture, à tête reposée, c'est souvent vraiment naze.

Citation

"Ma façon à moi d'être féministe, c'est de montrer des personna­ges qui, selon moi, se rappro­chent plus de la réalité".

Je crois que ça se voit que je suis contente. #prixdelacritique #ttotheatre #merci

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Le livre est présenté comme un "roman d'apprentissage", notamment "de la féminité, de la séduction, de l'amour". Si tout n'y est pas féministe, on y ressent tout de même les influences. C'est un sujet qui vous tient à coeur?
Le livre ne brandit pas un propos féministe, ce n'est pas un livre à message. Il y a d'ailleurs des choses que je raconte dans ce livre qui sont parfaitement antiféministes. Quand je raconte que la narratrice est ravie de se faire harceler dans la rue, que ça la gêne pas, que ça la choque pas, au contraire, parce qu'elle se sent vivre, elle se sent exister,  que ça homologue son sex-appeal: ça je pense que c'est totalement antiféministe. Mais ce n'est pas grave, puisque ce n'est pas un essai. Ceci dit, ma démarche féministe c'est de montrer des personnages féminins plus réels que cet espèce d'archétype fantasmatique qu'on a l'habitude de voir, surtout dans les romans américains, où les filles ont invariablement des très beaux longs cheveux, des yeux en amandes et le regard perdu dans le vide. Ma façon à moi d'être féministe, c'est de montrer des personnages qui, selon moi, se rapprochent plus de la réalité.

"Ariane" est votre troisième bouquin, mais votre premier roman. C'est un exercice totalement différent de ce que vous avez fait par le passé. Qu'est-ce qui vous a donné envie de vous lancer là-dedans ?
C'est une ambition que je caresse depuis très longtemps. Ça faisait très longtemps que j'avais envie d'écrire un roman. Et ça fait très longtemps que j'essaie mais je m'essouffle en chemin, j'ai des débuts, voire des moitiés de romans plein mes tiroirs. J'allais avoir 35 ans et j'avais envie de réaliser quelque chose l'année de mes 35 ans. Je ne sais pas pourquoi je m'étais mis cette espèce de barre psychologique. J'avais envie de donner corps à ce rêve l'année de mes 35 ans, et ça a été la carotte et le bâton en même temps pour arriver au bout de ce projet.  

Tout comme la narratrice, vous avez étudié la communication à l'université. Journalisme, radio, télévision, théâtre: finalement, vous avez touché un peu à tout. À quoi vous destiniez-vous au départ? Y'a-t-il un domaine que vous préférez?
Non, pas forcément. Je pense que je fais exactement ce que je voulais faire quand je me projetais plus tard, quand j'étais petite ou même ado. Je voulais écrire. Je ne savais pas encore quelle forme ça aurait. À l'époque, quand j'étais petite, j'écrivais des poèmes, des bd ou des histoires. Mais tout n'est pas fondamentalement différent. La radio, le théâtre, la fiction: c'est de l'écriture qui est créative dans tous les cas. Même dans le cas de l'écriture journalistique. J'ai toujours essayé de proposer un angle, un style particulier. Ce n'était pas de la fiction, ce n'est pas exactement le même état d'esprit mais quand même, il existe des similitudes entre tous les types d'écriture.

Quels sont vos projets pour la suite?
J'ai quelques projets pas très concrets d'écriture de pièces sur le feu. Mais là j'avoue que je suis un peu dans l'attente de la sortie du livre. J'attends de voir comment ça va se passer. Ca me prend beaucoup d'espace mental donc je vais attendre que mon livre sorte pour pouvoir passer à autre chose.

Le premier roman de Myriam Leroy, "Ariane", sort ce jeudi 4 janvier aux éditions Don Quichotte.

Bientôt dans vos meilleures poissonneries.

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  1. L'actrice que les gens aiment tant détester: “Je n'ai jamais regretté d'avoir été honnête”
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