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Nicolas Cage se confie à 7sur7: "J'ai adoré me prendre une balle dans l'oeil"

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 "Milton (joué par Nicolas Cage) est un mec vraiment méchant. C'est un bad guy qui essaie de faire une noble chose mais c'est encore et toujours un bad guy. Il mérite d'aller en enfer."  
Patrick Lussier, le réalisateur
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 "C'est la première fois que je peux botter le cul à des gens dans un film, mais finalement, ce n'était pas très éloigné de ce que je fais à la maison. Je veux dire, je suis du Texas et les flingues, les combats au poing font partie du truc. Mes bottes de cowboy me rappelait la maison. J'étais très heureuse."  
Amber Heard, alias Piper
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 "C'était le plus cool, le plus excitant, le plus original script que j'ai lu, emmené par des personnages flippants et sauvages. The Accountant, mon personnage, sait comment bouger autrement qu'un humain. Il peut sortir d'une voiture qui roule et continuer à marcher avec grâce."  
William Fichtner, alias The Accountant
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Quand Nicolas Cage a reçu le scénario de Drive Angry, il confie avoir accepté le rôle du bad guy Milton immédiatement. "Ce type se prend une balle dans l'oeil! J'ai adoré ça. J'avais supplié les réalisateurs de Season of the witch de m'envoyer quelque chose dans l'oeil mais ils n'ont jamais voulu. Et là, dans les dix premières minutes de ma rencontre avec Patrick (Lussier, le réalisateur, NDLR), il m'a demandé ce que je pensais de me faire exploser l'œil par un flingue, j'ai dit: Yes! Faisons le film." Mais ce n'est, bien entendu, pas l'unique raison de la présence de Nicolas Cage dans ce film de série B, violent et mâtiné d'humour noir. Rencontre.

Qu'avez-vous pensé à l'idée de participer à un film en 3D? Etes-vous un fan du genre?
J'ai toujours trouvé que la 3D auparavant, celle des années 50-60, ne fonctionnait pas, c'était niais. Ca ne marchait pas. Mais quand Patrick est venu avec My Bloody Valentine en 3D, j'ai pu voir que c'était le début d'une nouvelle vague et que le potentiel que le cinéma allait pouvoir en tirer était énorme.

Qu'est-ce que ça change, pratiquement parlant, en tant qu'acteur?
La première semaine, j'étais comme un gosse dans un magasin de bonbons, je voulais tout essayer. Je voulais essayer d'aller toucher le quatrième rang du public avec ma langue, et dire: regardez-moi comme je suis dégoûtant. (Il rigole.) Mais à partir de la deuxième semaine, je me suis détendu et j'ai été capable de rentrer dans le travail que ça demandait. C'était une relation plus profonde avec la caméra que je n'ai jamais eue auparavant dans d'autres films, les mouvements sont en quelque sorte chorégraphiés, on peut pousser plus loin la gestuelle. Mais ce n'était finalement pas si différent qu'un travail en 2D. Et ça, c'est grâce à Patrick. Il l'avait déjà fait avant, il savait exactement où mettre la caméra pour que les acteurs ne soient pas dérangés et nous n'avions donc jamais besoin d'y penser.

Les belles voitures ont aussi eu un rôle à jouer pour vous convaincre?
La Chevelle 71 et la Charger 69 sont des icônes américaines. La Chevelle est ma voiture favorite et c'est aussi la voiture préférée de mon personnage. Une bonne relation entre une voiture et son conducteur doit être émotionnelle, c'est pour ça que j'ai aimé conduire cette voiture-là, particulièrement. En plus, je conduisais vraiment moi-même. Je suis un bon conducteur. J'ai pu monter jusqu'110 kilomètres/heure parce que nous avions les caméras sur la voiture. C'est la vitesse la plus rapide que nous pouvions faire avec les caméras. Je conduisais dans le sens contraire du trafic, c'était des jours amusants de tournage.

Votre personnage sort littéralement de l'enfer...
Oui, je joue un personnage appelé Milton, qui est un personnage mort vivant. C'était la première fois que je jouais ça et j'étais curieux de voir où je pouvais aller avec ça. J'ai eu quelques conversations merveilleuses avec Patrick à ce sujet. Milton est un fantôme, il a plus de questions que de réponses. Je ne veux pas en dire plus parce que je veux que chacun ait sa propre interprétation du personnage.

Justement, après avoir joué un aussi mauvais personnage, comment on retourne à la vie réelle?
Ce n'est pas difficile. Après 30 ans, 32 ans de carrière, vous amenez le personnage sur le set de tournage et après, vous rentrez à la maison et vous essayez d'être normal.

Quel est le truc pour y arriver?
Vous réalisez que vous jouez, que vous êtes acteur ! (Il éclate de rire.)

Vous avez choisi un film indépendant, comment opérez-vous le choix de vos films ?
Je suis chanceux d'avoir travaillé avec certains des meilleurs talents de l'industrie du cinéma. Je me sens entouré de formidables acteurs, tout le monde  a son propre parcours, son propre sens de l'humour, c'est un mélange formidable. Travailler avec quelqu'un en qui j'ai confiance, c'est le sommet de la magie du cinéma. Patrick a une vision, il est audacieux, il collabore avec les acteurs pour essaie de trouver le personnage. Des gens comme Tim Burton ou James Cameron font le travail pour vous à 90% parce qu'ils vous font croire à des paysages magiques. Je travaille à trouver des réalisateurs qui ont une nouvelle énergie, que je vois comme ceux du futur, et Patrick est l'un d'entre eux. Patrick est un réalisateur indépendant à l'esprit libre. Je ne veux pas comparer les réalisateurs mais certains films doivent être formatés pour correspondre à une sorte de formule du succès et parfois vous perdre votre intégrité à faire cela.

Drive Angry est un "midnight movie", comme Wild at Heart ou Vampire's Kiss. Vous aimez décidément les films de ce genre. Pourquoi?
Je pense que ça vient de l'intensité et de l'adrénaline qu'ils provoquent. Ils ne font aucun compromis. Ils sont honnêtes et donnent tout ce qu'ils ont. C'est un film que tu te prends en pleine figure, c'est dur et c'est cool, c'est ça qui m'excite. Je pense également que les films les plus inventifs et créatifs sont ceux de science-fiction et d'horreur, quand c'est fait intelligemment.

Déborah Laurent, à Hollywood

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