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Cette reproduction miniature d'une guillotine faisait partie du catalogue des objets vendus. © afp

Une vente aux enchères d'instruments de torture annulée

Une vente aux enchères d'instruments de torture prévue mardi à Paris a été suspendue mettant fin à la controverse initiée par des associations de défense des droits de l'homme.

"Peines et Châtiments d'autrefois". C'est sous ce titre qu'était présentée cette vente de 350 objets (corde de pendaison, écrase-main, poire d'angoisse) et documents sur la torture colligés par un ancien
bourreau français et organisée par la maison d'enchères Cornette de Saint Cyr.

198 exécutions en cinq ans
Un thème qui avait suscité l'indignation d'associations de défense des droits de l'homme, pour qui cette initiative présentait un caractère "choquant et contraire à toute morale", auxquelles s'était joint le ministre français de la Culture, Frédéric Mitterrand, qui souhaitait son annulation. "La collection concernée relève par sa nature plus de la morbidité et de la barbarie que de la culture et soulève par sa provenance de douloureux questionnements historiques", avait-il estimé au travers d'un communiqué.

Une levée de bouclier qui a poussé la maison Cornette à reporter sine die la vente. "Devant l'émotion suscitée par cette vente, nous avons décidé de la suspendre afin que toutes les parties concernées puissent examiner dans le calme le contenu réel de cette collection", a déclaré le commissaire-priseur Bertrand Cornette de Saint Cyr.

Cette vente avait été mise sur pied à la demande de la famille de Fernand Meyssonnier, un bourreau français qui a procédé à 198 exécutions en Algérie entre 1957 et 1962. Ce dernier est décédé en 2008 à l'âge de 77 ans.