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Elie Semoun lors du photocall pour l'avant-première du film “La vérité si je mens” le 15 octobre à Paris. © Photo News

Elie Semoun à nouveau célibataire: “Après un échec sentimental, c’est comme si le monde s’écroule”

Elie Semoun (56 ans) avait plutôt bonne mine lorsque nous l’avons rencontré à Bruxelles. “Normal, nous confie l’humoriste, je reviens de Marrakech. Je me suis offert un break pour me remettre de ma rupture, pour sécher mes larmes au soleil. J’en avais besoin, je n’en pouvais plus.” Mais les vacances ne sont pas éternelles... De retour chez nous, Elie Semoun a donc décidé de se plonger dans le travail pour oublier ses peines de cœur. Le 6 mai prochain, il présentera son nouveau one-man-show, “Elie Semoun et ses monstres” au W:Halll à Bruxelles.

Elie, qui sont ces fameux monstres?

“Vous en avez un devant vous! On est tous des monstres, on est tous le monstre de quelqu’un. Ce spectacle parle de nous, pas des monstres qui viennent d’une autre planète. Dans la vie il y a eu Mozart, un monstre de talent, et Adolf Hitler, un monstre tout court. Dans mon spectacle, tous les personnages sont des monstres. Il y a un raciste, un couple d’échangistes, un mec qui va faire une coloscopie, un handicapé moteur - attention, je ne dis pas que c’est un monstre - qui veut présenter Samantha à sa mère, une fille qu’il a rencontrée sur chercheunfauteuilroulant.com. Ma mère aussi, je l’amène sur scène...”

Sous la forme d’une urne..

“J’ai piqué l’idée dans la série “This is us”. Toby, l’un des personnages, demande à l’urne du père décédé s’il peut épouser Kate, sa fille. J’ai trouvé ça génial! J’avais déjà écrit un sketch sur ma mère et je me suis dit: “Je vais amener une urne sur scène.” Ma mère est morte quand j’avais 11 ans. Elle est dans mes pensées. Pas quotidiennement, pas tous les jours, pas tout le temps, mais elle est là.”

Vous êtes en paix avec les monstres de votre passé?

“Oui. Le monstre de mon passé, c’était la solitude. Mais, ça m’a permis d’écrire, de lire plein de bouquins, de rêver. J’avais peur de l’ennui, peur des monstres cachés sous mon lit et peur de la mort aussi. Tous les gamins, je crois, réalisent un jour qu’ils ne sont pas immortels, que tout ne va pas durer éternellement et c’est flippant.”

Et aujourd’hui, de quoi avez-vous peur?

“Du rejet amoureux. Et je suis en plein dedans... C’est ce qu’il y a de pire. Dans la vie, je ne prends rien au sérieux à part l’amour. Quand je suis confronté à une défaite sentimentale, c’est comme si le monde s’écroulait.”

“J’ai été un monstre. Un monstre d’égoïsme, un monstre d’indifférence.”

Vous avez déjà fait un truc monstrueux?

“Oui. J’ai été un monstre. Un monstre d’égoïsme, un monstre d’indifférence. Je viens de me faire jeter, je vous dis que c’est ce qu’il y a de pire mais, j’ai aussi été celui qui jette. On s’est tous retrouvés dans le rôle du bourreau, puis celui de la victime.”

C’est votre 7ème one-man-show. Vous êtes rompu à l’exercice?

“Non, on ne l’est jamais vraiment. Mon dernier spectacle a bien marché et je me suis demandé si celui-ci allait aussi faire marrer les gens du début à la fin. C’est le cas. Il est même plus fort que son prédécesseur. Je l’ai joué 25 fois environ mais, les premières représentations, c’était le pire. C’était horrible, atroce. Je déteste, j’ai mal au ventre, j’ai peur d’oublier mon texte.”

Vous avez passé trois mois à Bruxelles pour le tournage du prochain volet de Ducobu. Comment ça s’est passé?

“J’ai appris toutes vos expressions. “Ça drache”, “à fond”, “d’office”, “je te dis quoi”. Mais, au bout de trois mois, Paris me manquait. Entre Bruxelles et Paris, pour moi, y’a pas photo. Je n’ai pas eu le temps de me créer de petites habitudes. Je me levais tôt pour les tournages, je rentrais à l’hôtel crevé. J’ai quand même été manger à La Villa in the Sky, c’était incroyable. L’addition aussi d’ailleurs. C’était la dernière soirée avec ma... Enfin bon.”

“Le cinéma, j’adore ça mais il faut que les projets viennent à moi et, pour l’instant, il n’y en a pas.”

C’était la première fois que vous passiez derrière la caméra. Vous avez aimé le métier de réalisateur?

“Quand tu es acteur, c’est fantastique. Tu peux concrétiser toutes les idées que tu as dans ta cuisine, dans ta chambre. Le film sortira le 5 février 2020. Si ça marche, je serai motivé pour en réaliser d’autres. Le cinéma, j’adore ça mais il faut que les projets viennent à moi et, pour l’instant, il n’y en a pas.”

“Je ne suis pas Angèle, les mecs n’attendent pas impatiemment que je sorte un disque.”

Vous faites toujours un peu de musique?

“J’ai fait un troisième album qui ne s’est pas bien vendu. Je ne suis pas Angèle, les mecs n’attendent pas impatiemment que je sorte un disque. Je suis un humoriste qui chante et on ne me prend pas vraiment au sérieux. Je fais de la bossa nova, de la musique brésilienne destinée à un public de niche, mes textes parlent d’amour... Il y a un grand écart entre ce que je chante et ce que je fais sur scène.”

“Elie Semoun et ses monstres”, le 6 mai 2020 au W:Halll (Woluwé-Saint-Pierre). Infos et tickets sur www.next-step.be