Le “Symphorique” de Renaud Rutten, ou la rencontre réussie entre l’humour et la musique classique

Quand l’art populaire et l’art savant se rencontrent, ça donne un résultat incongru mais pourtant terriblement efficace. Renaud Rutten a proposé, pour une date unique, son spectacle intitulé “Symphorique”. Durant deux heures, et malgré quelques longueurs, l’humoriste liégeois a fait se mêler humour et musique classique, pour le plus grand plaisir du public du Forum de Liège.

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Renaud Rutten a revêtu le costume de chef d'orchestre. © D.R.

Partageant sa vie entre la Belgique et l’Ukraine, le producteur Patrick Leveaux a imaginé, en mars 2019, reprendre le concept de Danny Kaye. Pour “Symphorique”, il a confié la baguette de chef d’orchestre à Renaud Rutten, lors d’un concert humoristique comme on en voit rarement. Ce jeudi 28 novembre, l’acteur et humoriste liégeois était accompagné, sur la scène du Forum de Liège, de l’orchestre philharmonique d’Ukraine. Un spectacle qui a voulu déconstruire l’image guindée que l’on colle généralement à la musique classique.

Mené à la baguette, ou presque, par un Renaud Rutten très en forme, l’orchestre ukrainien a donné un aperçu de son riche catalogue depuis Beethoven jusqu’à Tchekov, en passant par Rimski-Korsakov. John Williams a même fait une petite incursion dans les partitions des musiciens qui ont joué le thème principal de la nonalogie Star Wars.

Une Betty La Ferrara magistrale, mais quelques longueurs

En homme de scène aguerri, Renaud Rutten est rapidement parvenu à capter l’attention du public en interpellant, comme personne ne l’avait fait auparavant, le chef d’orchestre Dimitri. Ce qui a donné lieu à quelques savoureux monologues, ou plutôt des conversations à sens uniques de la part du Belge. Un comique de situation qui a fait mouche, autant que l’intervention de la chanteuse Betty La Ferrara, qui a notamment, et très magistralement, interprété l’une des chansons du Fantôme de l’Opéra.

Notre seul regret ? Quelques longueurs par moments, notamment lors de l’évocation musicale du scandale Nethys. Alors que l'orchestre philharmonique jouait Pierre et le Loup, Renaud Rutten contait en effet l’histoire du “Petit Stéphane” (NDLR : Moreau). Un passage qui n’a pas vraiment touché le public. Une assemblée qui s’est davantage enthousiasmé lors des deux petits quiz musicaux auxquels elle a pu participer. 

Par ailleurs, la seconde partie, qui a vu s’installer un quartet plus rock, était véritablement dispensable. Le groupe n’a en effet rien amené de plus au spectacle et nous aurions préféré voir se prolonger la magie de la première heure plutôt qu’attendre durant un entracte de vingt minutes pour ça.

Pas de nouvelles dates prévues

On pourrait également regretter les quelques cafouillages, peut-être dus à un manque de compréhension entre les Ukrainiens et le Belge, ou un manque de préparation. Nous ne pouvons le dire. Mais nous les avons presque aussitôt oubliés, tant le mélange entre la musique classique et l’humour de Renaud Rutten est efficace et captivant. Si ce spectacle avait vocation à être un “one shot”, nous espérons sincèrement que Renaud Rutten voudra reconduire l’expérience à l’avenir.