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Manon Lepomme va jouer les dernières dates belges de son spectacle "Non je n'irai pas chez le psy". © Marie Minne

“Non, je n’irai pas chez le psy”: Manon Lepomme revient pour une ultime saison en Belgique

rencontreAprès bientôt quatre ans de tournée et plus de 300 dates, Manon Lepomme revient en Belgique à partir du 20 septembre pour les dernières représentations de son spectacle “Non, je n’irai pas chez le psy”. Avec une autodérision sans limite et une spontanéité enfantine rafraîchissante, l’humoriste évoque, entre autres, sa lutte contre sa gourmandise maladive, l’Alzheimer de ses grands-parents et son ancien métier de prof. À quelques jours de la reprise, elle s’est confiée dans une interview pour 7sur7.

Comment décririez-vous votre spectacle?

C’est un spectacle qui est très personnel. Les trois quarts des choses que je raconte sont vraies. C’est un spectacle qui ne me met pas forcément en valeur, parce que je parle beaucoup de mes failles, de mes faiblesses, mais je pense que c’est ça aussi qui fait que c’est drôle. C’est aussi un spectacle très spontané: j'interagis beaucoup avec le public, et je pense que c’est une de ses grandes forces. C’est plein de tranches de vie qui ont toutes un lien entre elles. Et il y a un fil conducteur, ce gâteau, un merveilleux, auquel je ne peux pas toucher parce que maintenant que je suis comédienne, je dois vraiment faire attention à ma ligne. Est-ce que je vais y arriver ou non? Pour le savoir, il faut venir voir le spectacle! Bref, c’est très personnel, très frais - enfin ça c’est pas moi qui le dit, ce sont les gens. Ils ressortent de la salle et ils me disent qu’ils sont heureux, et qu’ils ont vécu plein d’émotions parce qu'il y a des moments très drôles évidemment, mais aussi des moments plus tendres, plus émouvants. On passe par toute une palette d’émotions, et je pense que c’est aussi ça qui touche les gens.

Ça va faire trois ans que vous jouez ce spectacle, est-ce qu’il a évolué depuis ses débuts?

Oui, il a beaucoup évolué. Je m’adapte aussi beaucoup au public. Quand une interaction a bien fonctionné, je choisis parfois de la garder pour les fois suivantes. C’est ça qui est bien avec le spectacle vivant. C’est aussi pour ça que je ne m’en lasse pas. Après 300 représentations, j’ai toujours autant de plaisir et de bonheur à le jouer.

Votre spectacle s'intitule “Non, je n’irai pas chez le psy”. Après autant de représentations, est-ce qu’il a eu un petit effet thérapeutique sur vous? 

Oui, on peut dire qu’il en a eu un. Il m’a permis d’exorciser pas mal de choses. C’est une thérapie pour moi, mais c’est aussi une thérapie pour le public. 

Le spectacle s’est exporté à l’étranger. Ça s’est bien passé de jouer devant d’autres publics? 

Ça fait un moment que je joue en France. Le spectacle est joué par une Belge, mais il n’est pas typiquement belge donc il s’exporte assez facilement, en France et en Suisse. Au mois de juin je suis même allée jouer à Québec et à Montréal. J’avais très peur parce que je me demandais comment les choses allaient se passer. Je me suis renseignée sur les expressions qu’ils utilisent, j’ai adapté certains termes, certains passages, et ça s’est vraiment très bien passé. J’ai réalisé que ce spectacle pouvait se jouer partout.

Même si vous ne vous lassez pas de jouer ce spectacle, vous allez entamer votre dernière tournée en Belgique. À quel moment vous vous êtes dit: “Maintenant, il est temps d’arrêter”?

Ça va quand même faire quatre ans que je le joue, et il n’y a pas si longtemps, j’ai ressenti le besoin d'écrire autre chose, alors je me suis dit que c’était le moment de m’arrêter. Ça sera la dernière saison en Belgique, il y aura encore quelques dates en France. En suite, je me remettrai à écrire. Quatre ans de durée de vie c’est très bien pour un spectacle. Et puis la Belgique n’est pas très grande, à un moment on en a fait le tour. J’ai dû me mettre une deadline parce que plein de gens me demandent: “À quand le prochain?” mais je n’ai pas le temps d'écrire... Après, si on me réclame à cor et à cri de revenir avec ce spectacle, je le ferai, mais à priori ça sera la dernière tournée.

Vous n’êtes pas trop fatiguée après tant de représentations?

Fin 2018, j’ai été très fatiguée parce que j’avais joué 180 fois, soit pratiquement 1 jour sur 2. J’ai fini de jouer le 29 décembre et le 30 décembre, je tombais malade. Je crois que mon corps a littéralement lâché. Je me suis bien reposée au mois d’août, et là je m’apprête à recommencer et je m’en réjouis. C’était une pause nécessaire. À force de faire tous les jours la même chose, on peut parfois perdre du plaisir, et si on ne prend pas de plaisir sur scène, les gens n’en prennent pas non plus dans la salle. 

Est-ce que vous pouvez déjà nous en dire plus sur vos projets?

Pour le moment, c’est encore très vague au niveau de l’écriture. Mais j’ai des projets avec d’autres comédiens. On va faire des spectacles à plusieurs, notamment avec Isabelle Hauben et Isabelle Innocente. On est en train de préparer un trio qui sortira au mois de mars. On est en pleine écriture, ensuite le spectacle sera mis en scène. C'est un gros projet à trois, trois femmes, ça va faire du bien. On a pas mal de choses à dire et on se réjouit. 

Manon Lepomme sera notamment à Liège, Charleroi, Namur, Mons, Tournai et Bruxelles pour les toutes dernières dates belges de son spectacle “Non, je n’irai pas chez le psy”. Infos et réservations sur Manon-Lepomme.be