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Mathieu van der Poel s'adjuge Amstel Gold Race au terme d'un scénario fou

Amstel Gold RaceLe champion des Pays-Bas Mathieu van der Poel, 24 ans, a remporté une victoire inespérée dimanche à l'arrivée de la 54e édition de la seule classique néerlandaise cycliste de la saison l'Amstel Gold Race (WolrdTour). Alors que la victoire semblait promise à Julian Alaphilippe (Deceuninck-Quick Step) ou à Jakob Fugelsang (Astana), échappés depuis trente kilomètres et qui possédaient un avantage suffisant, le Français et le Danois ont tellement ralenti qu'ils ont été repris dans le dernier kilomètre d'abord par le Polonais Michal Kwiatkowski (Sky). Ensuite, van der Poel qui menait seul la poursuite du groupe de chasse est parvenu à combler la centaine de mètres de retard sur les trois échappés à quelque 300 mètres du but et sur sa lancée à franchir la ligne en vainqueur à Berg en Terblijt au terme des 265,7 km d'une course partie de Maastricht. Une première victoire dans une grande classique qu'il n'oubliera pas.

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L'Australien Simon Clarke (EF Education First) et Fugelsang ont terminé 2e et 3e. Alaphilippe a fini 4e, l'Allemand Maximilian Schachmann (BORA-hansgrohe) 5e, et Bjorg Lambrecht (Lotto Soudal) 6e et premier Belge. Selon l'habitude, une longue échappée a marqué le début de course. Tom Van Asbroeck, Thomas Sprengers, Aaron Verwilst et Jérôme Baugnies figuraient parmi ce groupe de onze coureurs.

L'attaque de Van der Poel
En raison du beau temps, la sélection devait venir de l'ascension des 35 côtes du parcours sur les routes sinueuses et étroites du Limbourg néerlandais. Ce n'est que dans la dernière des six heures de course que l'Amstel s'est décantée. Une attaque brutale de Van der Poel dans le Gulperberg, à 43 km de l'arrivée, a eu de réponse que de Gorka Izagirre. Mais les deux hommes étaient rattrapés cinq kilomètres plus loin en vue du Kruisberg.

La décision sembla tomber immédiatement après, Dries Devenyns a lancé son coéquipier Alaphilippe sur le Kruisberg. Le N.1 mondial poursuivit son effort sur l'Eyserboschweg et ne vit que Fuglsang faire l'effort pour le rejoindre. Le duo se forgea immédiatement une avance de quatorze secondes sur les premiers poursuivants, Michal Kwiatkowski, Matteo Trentin et Michael Woods, mais ce dernier a dû lâcher prise.

Pendant longtemps, on a eu l'impression que le danger ne pourrait venir que de Kwiatkowski et Trentin. Le retard du premier peloton fluctuait entre 45 secondes et une minute. Dans la dernière montée du Cauberg, le Polonais et l'Italien n'ont tout simplement pas réussi à réaliser la jonction.

Tous les yeux étaient tournés vers le duel entre Alaphilippe et Fuglsang. Celui-ci plaça deux attaques sans succès mais avec pour effet un gros ralentissement et un refus du vice-champion olympique de prendre le relais dans l'avant-dernier kilomètre.

Un final improbable
Du coup, les poursuivants se sont rapprochés. Kwiatkowski a bondi à la flamme rouge et après avoir rejoint les deux échappés continua à mener à fond. Mais derrière eux, van der Poel, époustouflant, comblait tout seul mètres après mètres. Dans les derniers hectomètres, le maître du cyclo-cross arrachait un succès devant les meilleurs spécialistes du bitume pour s'installer définitivement au rang des meilleurs coureurs cycliste du peloton actuel. 

Van der Poel est le premier vainqueur néerlandais de l'Amstel depuis Erik Dekker, lauréat en 2001. Il rejoint aussi au palmarès son père Adrie vainqueur en 1990.

Alaphilippe "ne comprend pas"

Julian Alaphilippe semblait disposer de tous les éléments pour s'imposer dans la 54e Amstel Gold Race à un peu plus d'un kilomètre de l'arrivée, mais le Français a franchi la ligne d'arrivée en quatrième position. "Je ne comprends pas très bien", a reconnu le leader de l'équipe Deceuninck-Quick Step.

"Je ne sais pas bien ce qui s'est passé à la fin. A partir du moment où j'ai attaqué jusqu'à la fin de la course, j'ai donné tout ce que j'avais en moi. Fuglsang et moi avons très bien travaillé ensemble. Il m'a emmené à un niveau supérieur dans les petites montées où il a vraiment donné le rythme. Sur le plat, j'ai donné le maximum pour que notre avance reste suffisamment importante. A 2, 3 kilomètres, on m'a dit qu'on avait 35 ou 45 secondes, alors j'ai pensé que ce serait suffisant jusqu'à l'arrivée."

"Jakob (Fuglsang) ne voulait pas prendre la tête, j'ai tout donné, jusqu'au dernier kilomètre. Après ça, je n'ai plus compris, j'ai soudain vu Kwiatkowski s'approcher, très vite et le peloton juste après. Je ne suis pas déçu parce que j'ai perdu, je suis déçu de la façon dont c'est arrivé. Je ne comprends pas comment ils sont arrivés si vite. La mesure du temps n'a pas dû être tout à fait correcte. J'ai essayé de lancer mon sprint dans la roue de Kwiatkowski, mais je ne pouvais pas faire plus que ça, une quatrième place", a conclu le N.1 mondial, grand battu de la journée.