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Huawei peut théoriquement bien opérer sur le sol européen, du moment que le fleuron chinois des télécoms respecte les règles communes établies et entre dans le cadre imaginé pour "atténuer" les risques sécuritaires associés au déploiement de la 5G. © REUTERS

5G: l’UE n'exclut pas Huawei

La Commission européenne a approuvé mercredi une "boite à outils" qui doit permettre au Vieux Continent de gérer le déploiement de la 5G sur ses terres, de manière "sécurisée". Le nom de l'entreprise chinoise Huawei, championne des équipements 5G mais bannie des Etats-Unis, est dans tous les esprits, même si aucun commissaire n'a prononcé son nom spontanément mercredi, au moment de présenter la stratégie européenne en la matière.

La position européenne sera, comme l'a résumé le commissaire à l'Industrie Thierry Breton: "On accepte tout le monde, mais on a des règles, claires et exigeantes". Les mesures proposées ne se basent "que sur des critères objectifs et ne visent à exclure personne", a martelé le Français. 

L’Europe ne ferme pas la porte à Huawei 

Autrement dit: Huawei peut théoriquement bien opérer sur le sol européen, du moment que le fleuron chinois des télécoms respecte les règles communes établies et entre dans le cadre imaginé pour "atténuer" les risques sécuritaires associés au déploiement de la 5G. "Vous n'entendrez personne à la Commission dire que l'on vise tel ou tel pays, ce n'est pas notre rôle", a répété Thierry Breton. 

La boite à outils validée mercredi est le résultat d'un recensement, par chaque Etat membre, des différents risques et des vulnérabilités liés à cette 5e génération de technologie de réseau mobile. Ils ont ensuite proposé une série de solutions qui ont été mutualisées, composant finalement ce guide de mesures non contraignantes. Les Etats sont appelés à en mettre en oeuvre les mesures clés d'ici la fin avril et à préparer un rapport sur cette implémentation d'ici fin juin. 

Plusieurs recommandations

Que contiennent ces recommandations? Notamment que chaque Etat membre devrait veiller à ce que chaque opérateur ait une "stratégie multifournisseur appropriée" pour ne pas être dépendant d'un seul équipementier. Il devrait aussi "appliquer des restrictions pertinentes" aux fournisseurs présentant un profil à haut risque. 

Parallèlement, l'Europe doit continuer à renforcer ses capacités propres dans les technologies 5G et post-5G via les programmes et financements disponibles.

La 5G va tout changer

Si la 5G entraine des craintes particulières, c'est qu'il s'agit d'une "architecture complètement nouvelle et qui va avoir à gérer des pans entiers de notre économie, comme des hôpitaux, des infrastructures de transport, ...", a rappelé Thierry Breton. On parle, d'ici à quelques années, de milliards d'objets et de systèmes connectés via la 5G, y compris dans des secteurs critiques liés à l'industrie, à l'énergie, ... Les réseaux 5G ayant une architecture moins centralisée, ils offrent davantage de points d'entrée et d'attaque potentiels pour des entités ou individus mal intentionnés. 

A noter que la boite à outils ne liste pas des règles absolues, immédiatement applicables, mais donne une vision commune avec des recommandations que les Etats membres peuvent suivre en les adaptant à leurs propres évaluations de risques et leur propre structure de marché. La boite à outils "témoigne de l'engagement des États membres à aller de l'avant ensemble en se fondant sur une évaluation objective des risques recensés et sur des mesures d'atténuation proportionnées", comme le résume une communication de la Commission.

Washington veut convaincre les autres pays de bannir le géant chinois

De potentiels liens trop étroits d'un équipementier avec un pays tiers, qui permettraient par exemple l'accès d'instances étatiques à des données transitant via la 5G, font partie des risques. Ce type de crainte, ainsi que des accusations d'espionnage industriel visant la Chine, ont poussé les Etats-Unis à bannir Huawei de leurs administrations, de certains financements et des possibilités de commercer avec les entreprises locales. Washington tente de convaincre les autres pays d'également écarter le fleuron chinois des technologies de leurs futurs réseaux 5G. 

Mardi, le Royaume-Uni a fait connaitre sa position, dévoilant qu'il accorderait une participation "limitée" à Huawei dans le développement de son réseau ultra-rapide. Les équipementiers jugés "à risque" seront exclus "de parties sensibles du coeur du réseau 5G" et leur participation sera limitée pour le reste. 

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© AFP

Huawei “salue” la décision de l’UE

Le chinois Huawei a salué mercredi, dans un communiqué, la décision de l’UE “qui lui permet de participer au déploiement de la 5G”.

Cette approche “objective et basée sur les faits sur la sécurité de la 5G permet à l’Europe d’avoir un réseau plus sûr et plus rapide” pour la 5G, a ajouté Huawei.

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