"Amazombies": le reportage choc sur les conditions de travail chez Amazon

Video22 kilomètres par jour, des pauses surveillées pour aller aux toilettes, 7 secondes pour trouver un produit, 12 heures de travail par jour et des shifts susceptibles d'être modifiés en dernière minute: anonymement, un collaborateur du Daily Mail s'est infiltré au coeur d'un magasin en ligne d'Amazon basé en Écosse. Son constat fait froid dans le dos: "Tu es comme un zombie".

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À l'approche des fêtes de fin d'année, il n'y a aucune seconde à perdre pour les employés d'Amazon. Au centre de partages de Glasgow, leurs salaires et leurs conditions de travail ne font pourtant rêver personne: 7,35 pounds par heure (8,78 euros).

Pas de GSM
Suite aux nombreuses plaintes au sujet des conditions de travail chez Amazon, le Daily Mail a voulu mener sa petite enquête. Anonymement, un journaliste britannique s'est infiltré au sein de l'entreprise située à Gourock (45 km de Glasgow). Amazon a préféré construire son centre de partages en Écosse plutôt qu'en Angleterre afin de payer moins d'impôts.

Après un premier entretien concluant, le journaliste a reçu une formation de cinq heures avant d'être lancé dans le grand bain. Si l'annonce offrait un travail de quatre jours par semaine, la réalité est bien différente (5 jours) avec des heures supplémentaires au programme. Tout (ou presque) est interdit chez Amazon. Les employés doivent placer leurs téléphones portables et leurs objets de valeur dans des casiers. Ils ont uniquement le droit de prendre de l'eau avec eux et mettre de l'argent dans un sac transparent pour manger dans la cantine de l'entreprise.

"J'ai reçu deux avertissements"
Les managers d'Amazon n'offrent aucun répit à leurs employés. Le scanner détecte automatiquement les pauses trop longues. Il y a des caméras partout, sauf dans les toilettes. Il est également interdit d'y passer trop de temps.

"J'ai reçu deux avertissements", a confié un employé au Daily Mail. "Le premier, c'était à cause d'une pause trop longue de sept minutes aux toilettes. Le second parce que j'ai refusé de travailler un sixième jour la semaine passée. J'ai même été obligé de signer un papier. Je suis constamment mis sous pression désormais et je dois envoyer un maximum de produits par jour. Ils cherchent peut-être une autre raison pour me licencier."

Les employés d'Amazon sont de vrais sportifs. Ils marchent plus de 14 miles (22,5 km) par jour. Beaucoup de plaintes ont été reçues à ce sujet. Lors du "Black Friday", ils ont aussi été contraints de travailler un jour supplémentaire. Leurs shifts ont parfois été modifiés au dernier moment.

"Quand vous travaillez ici, vous laissez votre cerveau à la maison. Comme un zombie", a ajouté un autre employé d'Amazon.

"Culture de la peur"
Malgré ces accusations, Amazon, qui est aussi soupçonné d'entretenir une "culture de la peur" avec ses employés, a tenu à se défendre.

"Nous offrons un travail sécurisé dans un environnement de travail positif. Cela fait partie de nos priorités. Beaucoup d'autres entreprises demandent à leurs employés d'effectuer plusieurs heures supplémentaires pour Noël", a conclu Amazon.

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