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Ce que le web a inventé de pire

Outre les virus et le spam, Internet a engendré une série de phénomènes plus ou moins insupportables, dont on se serait bien passés. Le Telegraph en a dressé une liste, qui vous rappellera forcément quelque chose.

Les commentaires: les commentaires, cancer du web. Ils procurent un sentiment d'interactivité mais ont surtout de gros inconvénients, tels que les raccourcis douteux, du genre "ce que vous écrivez est pire que ce disait Hitler", les débats philosophiques de comptoir, où un chômeur disposant de l'adsl a toujours une meilleure solution que la ministre Onkelinx, et les démonstrations orthographiques, où l'internaute s'empresse de réagir sur la forme, alors que le fond traitait d'un problème sociologique majeur. Pas convaincu? Regardez les commentaires laisés sous cet article.

LOL, mdr, etc.: les langages SMS et geek, à petites doses, ça va, mais n'oublions pas qu'une vraie langue se cache derrière tout ça. Veillons aussi à ne pas se tromper de public: pas la peine d'adresser des abréviations à sa grand-mère ou des smileys à son patron. Pratique mais désuet, le "LOL" est surtout devenu horripilant. Vous ne le maîtrisez pas? Ce n'est pas grave, mais si ça vous intéresse, vous pouvez refaire votre retard ici.

Le pilori: taquiner une célébrité n'a jamais fait autant rire, Chuck Norris et Jean Sarkozy le savent mieux que personne. Lorsqu'une communauté s'attaque à des quidams par la moquerie, ça devient tout de suite moins drôle et cela conduit parfois à des actes de désespoir.

Les pop-up: rien de pire qu'une publicité en pop-up qui vient recouvrir les trois quarts de l'écran. Surtout que la plupart cachent trop bien leur bouton de fermeture.

Les vidéos automatiques: toujours un peu gênant de chercher désespérément la fenêtre qui fait rugir une bande-annonce de film d'action à votre ordinateur -sans votre consentement préalable- au milieu des collègues.

La pénurie d'infographistes: le chômage n'a jamais été si haut et pourtant, des sites internet en sont restés à un graphisme des années '90 (1994, même pas 1999). Même les sites internationalement renommés, prenons MySpace pour ne pas le citer, ne font pas exception. D'autres ont visiblement un graphiste, mais qui est parvenu à faire un site trop grand pour le browser. Les sites qui font à peine la moitié de celui-ci existent aussi. Hum.

Les usernames: si vous vous appelez Martin Dubois ou Pierre Jacquemin, vous en avez déjà fait l'expérience: un homonyme a déjà pris le compte Gmail que vous convoitiez. Résultat: votre adresse sera martindubois128@gmail.com. Dommage.

Les mots de passe: un site réclame un mot de passe de 8 caractères, un autre un mélange de chiffres et de lettres, les règles sont différentes à chaque fois. La seule solution pour se rappeler de tous ses mots de passe, c'est de les noter. Ce qui les rend plus vulnérables que jamais.

Facebook: si vous ne faites pas un minimum attention, tout le monde sait tout de vous. Comment passer à une nouvelle vie si toutes les archives personnelles de votre ancien "vous" sont à portée de clic? Comment décrocher un emploi si votre futur employeur a vu toutes vos photos de beuveries avant d'avoir achevé la lecture de votre CV? Et on ne parle même pas du "poke", des ragots autour des changements de votre statut amoureux ou encore du retour d'anciennes têtes que vous n'auriez jamais dû revoir.

Les messages d'alerte pour un message: les boîtes de réception s'encombrent de plus en plus de messages automatiques qui préviennent que l'utilisateur a reçu un message ailleurs, par exemple sur le réseau social Facebook. A quand une application Facebook qui préviendrait l'internaute qu'il a reçu un message sur sa boîte mail, pour instaurer une chaîne sans fin?

Les hoaxes: oui, tonton, le mail sur la fille défigurée par un chauffeur ivre alors qu'elle rentrait sobre de soirée, je l'ai déjà reçu l'an dernier, merci pour ton engagement. A la limite, quand ça sert une cause, les chaînes de mails, ça passe, mais les légendes urbaines, gardez-les pour faire rire les enfants avant d'aller dormir lors de vos soirées baby-sitting.

Déjà vu, déjà fait: vous avez une idée brillante qui pourrait vous rendre riche? Pas si sûr... Vérifiez d'abord à l'aide de Google: aujourd'hui, tout a déjà été fait et internet vous le prouvera. Une vidéo YouTube, un blog, un site, il y aura toujours quelqu'un pour anéantir vos espoirs d'innovation.

Le porno à gogo: trop de pet tue le pet. Jack Nicholson l'a bien compris. Ainsi, il y a quelques années, l'acteur annonçait qu'il déconnectait son ordinateur d'internet. La raison? "Il y a tellement de porno là-dessus que je ne sors plus jamais de la maison".

La fin du temps libre: à quand remonte la dernière fois que vous avez relu un livre ou rendu visite à votre grand-mère pour meubler une après-midi où vous n'aviez rien à faire?

La fin de l'insouciance: il n'est plus possible de revenir de vacances avec deux semaines de retard sur l'actualité et une boîte mail surchargée. Les hôtels ont désormais tous des connexions et vous ne pouvez résister à l'envie d'en profiter. "Juste aller voir une fois en vitesse". Les bourlingueurs n'ont d'ailleurs jamais autant communiqué (ou frimé?) que depuis qu'ils sont inscrits sur Facebook.

Le wi-fi: au départ, il y avait un câble, forçant à travailler assis à son bureau ou à la limite à la table du living. Aujourd'hui, avec le wi-fi, je vous écris depuis mon lit. Et ça réduit la productivité. (SC)

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