Google Assistant prend l’accent belge: concrètement, qu’est-ce que ça change?

Google a annoncé, ce matin à Bruxelles, le lancement de la version belge de son assistant vocal sur Android et iOS. Le service comprend désormais la réalité du Plat Pays, une évolution qui change la donne pour les utilisateurs du Royaume. 

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© REUTERS

Es-tu déjà réveillée?”, demande à son téléphone Thierry Geerts, CEO de Google Belgique. 

Je ne dors jamais mais je me mets en veille quand j’ai un coup de barre”, répond l’Assistant(e) Google. 

Tu es formidable!”

Merci, je préfère être formidable que fort minable”, lance l’outil vocal. 

Pas de doute, Google Assistant prend désormais l’accent belge. 

Possibilités infinies

Agenda, réveil, horaires des bus, du métro ou des trains, météo, trafic, Google Assistant sait tout et facilite la vie. Pour démarrer une conversation avec lui/elle, il suffit d’appuyer de manière prolongée sur le bouton d’accueil d’un appareil compatible et de formuler sa demande. Envoyer un message, écouter une chanson, fixer un rendez-vous, s’informer ou recevoir des instructions de navigation... les possibilités sont infinies.

Intelligence artificielle

Google investit depuis des années dans l’intelligence artificielle et le traitement automatique du langage naturel. Grâce aux informations de son moteur de recherche, Google Assistant bénéficie de très larges connaissances et d’un sens aigu du contexte des conversations. Il continue, en outre, à apprendre de ses utilisateurs et s’améliore ainsi constamment. Il parle aujourd’hui 30 langues, dont désormais le français de Belgique et le néerlandais de Flandre.

Google comprend le Belge

Jusqu’alors, les fonctionnalités de Google Assistant n’étaient pas toujours adaptées à la Belgique. L’outil vocal présentait par exemple des informations françaises à son utilisateur. Désormais, il comprend mieux son interlocuteur belge, sa réalité locale, suit la Jupiler League, enchaîne les blagues belges et se montre même capable de chanter des chansons de notre patrimoine national. 

Data, colis, train, compte bancaire

Plusieurs entreprises belges de pointe ont d’ailleurs saisi la balle au bond et se lancent désormais dans le développement de nouvelles fonctionnalités. Via la plateforme Actions on Google, des tierces parties peuvent en effet augmenter les possibilités mises à leur disposition et proposer des contenus propres. Vérifier sa consommation de data chez Telenet ou Proximus, par exemple, suivre un colis auprès de bpost, consulter l’IRM pour la météo, ING pour des informations bancaires ou la SNCB pour un billet de train, une offre spéciale ou un abonnement précis. 

Dès aujourd’hui

Le déploiement de la version belge francophone de Google Assistant commence dès aujourd’hui. Il s’installera progressivement sur les appareils Android (Android 5 Lollipop ou +) dans les prochains jours (configuration “français" et “Belgique”). Les utilisateurs d’IOS (version 10 ou +) peuvent télécharger l’application Google Assistant depuis l’App Store. Si elle ne s’affiche pas encore, pas de panique, c’est une question d’heures (ou de jours).

Concrètement

SNCB: “Tous nos horaires de train sont en accès libre. Google les a donc récupérés et intégrés, ce qui permet à son Assistant de fournir ces informations instantanément. Via Google Actions, on complète cette offre en fournissant des réponses aux questions les plus fréquemment posées, à notre call-center, sur notre site ou les réseaux sociaux”, nous confie un porte-parole de la SNCB. Cette base de données sera sans cesse enrichie et si l’Assistant ne peut répondre à une question non répertoriée, il redirigera néanmoins le client vers le site internet de la SNCB. L’Assistant nous permet ainsi d’améliorer la communication avec les voyageurs: c’est un canal de communication supplémentaire”.

Bpost: “Google Assistant va permettre de mieux satisfaire nos clients, aussi bien les expéditeurs que les destinataires grâce, notamment, à un meilleur suivi des livraisons en temps réel et à une optimisation des heures de passage. L’outil viendra compléter l’application MyBpost déjà existante pour améliorer la communication et la qualité du service. Comme à la SNCB, l’entreprise insiste surtout sur la multiplication des canaux de communication. “Chaque client restera libre de choisir son canal de communication privilégié”, nous confie Olivier Scohier de Bpost.

Proximus: L’avantage de l’Assistant, c’est que l’utilisateur peut lui parler à tout moment et lui confier une mission, même quand il est au volant ou en train de cuisiner. À l’avenir, il pourra lui demander le programme télévisé de la soirée, d’enregistrer une émission à distance, de changer de chaîne, etc. Pour le moment, il s’agit surtout de commandes liées au département téléphonie: combien de data me reste-t-il sur mon abonnement, à quel montant s’élève ma facture mensuelle, quel est le coût de l’appel dans cette région, quels sont les frais de roaming”, nous confie le responsable Proximus. 

Colruyt: Colruyt est le premier supermarché belge à expérimenter les listes de courses composées vocalement. 200 clients ont participé à ce test concluant. Les volontaires avaient la possibilité de dicter les produits et les quantités à ajouter à leur liste, avant que celle-ci ne soit ensuite sauvegardée sur l’app MyColruyt. “Colruyt cherche constamment à améliorer son efficacité auprès de la clientèle, à réduire le temps consacré aux courses, par exemple. L’application MyColruyt va dans ce sens. Pour compléter cette démarche, Colruyt se tourne aujourd’hui vers la technologie vocale. Il sera possible via l’Assistant d’ajouter un article à sa liste de courses. Ce service sera d’application dès cet été”, nous confie Yana Morren (Colruyt).  

ING: le secteur bancaire a parfaitement conscience de focaliser toutes les craintes de la population à l’égard d’une telle technologie. La prudence est de mise: “Dans un premier temps, il s’agira principalement d’apporter des réponses aux FAQ, les questions les plus fréquemment posées par la clientèle sur les autres supports. Il convient de ne pas brusquer les choses, au risquer de rompre le contrat de confiance. C’est en cours d’étude, les données sont très sensibles et il faut avant tout garantir la sécurité des données personnelles, qu’elles soient protégées par des clauses légales”, précise un représentant d’ING. Aucune échéance concrète n’a dès lors été fixée mais on peut imaginer que dans un futur proche, il sera possible de consulter son compte via une commande vocale. 

Perspectives illimitées

Mais pas seulement, tant les possibilités semblent infinies dans un monde de plus en plus interconnecté. Ce n’est pas Alexa (Amazon) qui dira le contraire. L’intelligence artificielle au service de l’homme, pour le meilleur ou pour le pire? De nombreuses barrières morales résistent et des craintes légitimes demeurent sur la question des données personnelles et des capacités illimitées de ces “assistants”. Il s’agira de gagner avant tout la confiance du peuple. La technologie est en tout cas prête à le servir...

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Capture d'écran © Colruyt
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