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Google et son système mobile Android coupent les ponts avec Huawei

Mise à jourL'américain Google, dont le système mobile Android équipe l'immense majorité des smartphones dans le monde, a indiqué dimanche commencer à suspendre ses relations avec le chinois Huawei, qui fait partie des entreprises jugées "à risque" par Washington.

Dans la foulée, Huawei a tenu à rassurer les consommateurs. L’entreprise continuera ainsi à fournir des mises à jour de sécurité et des services après-vente concernant ses produits existants des marques Huawei et Honor, qu’ils aient été déjà vendus ou soient encore de stock. Les applications liées à Google continueront donc de fonctionner. Seuls les prochains appareils pourraient être concernés par cette décision.

En restreignant l’accès de Huawei au système d’exploitation Android, Google se plie ainsi aux règles plus strictes du ministre américain de l’Economie visant la société chinoise. En pleines tensions commerciales avec Pékin, il a placé mercredi Huawei sur une liste d’entreprises suspectes, jugées “à risque”, auprès desquelles les groupes américains ne peuvent fournir d’équipements qu’après avoir obtenu un feu vert des autorités.

Version simplifiée d’Android

Les Etats-Unis craignent que les autorités chinoises ne fassent usage des réseaux de Huawei pour des activités d’espionnage. La société a réfuté ces accusations et répète que tous ses appareils sont sûrs.

L’accès de Huawei se limitera désormais à la version simplifiée du système, Android Open Source Project (AOSP).

L’impact sur les utilisateurs de smartphones de la marque chinoise n’est pas encore déterminé, mais est potentiellement important. L’entreprise tient toutefois à rassurer. “Huawei continuera à fournir des mises à jour de sécurité et des services après-vente à tous les produits smartphones et tablettes existants des marques Huawei et Honor, couvrant ces produits déjà vendus ou encore en stock dans le monde”, réagit lundi Huawei Belgique.

“Pour les utilisateurs de nos services, Google Play (le magasin d’applications d’Android, ndlr) et le système de sécurité Google Play Protect continueront de fonctionner sur les appareils Huawei existants”, a également tempéré Google.

Le décret présidentiel à l’origine de cette décision interdisant le partage de technologies, Google va toutefois devoir aller plus loin et cesser de collaborer avec Huawei. Le géant américain ne pourra ainsi plus offrir aux utilisateurs de Huawei que la version libre de droits (en “open source”) de son logiciel Android, a expliqué à l’AFP une source proche du dossier. Ce qui signifie qu’ils ne pourront plus accéder aux applications et services propriétés de Google, tels que le Play Store, la messagerie Gmail ou encore Google Maps.

“Huawei a largement contribué au développement et à la croissance d’Android dans le monde entier”

Certes, ces dernières devraient rester actives au moins dans un premier temps, a indiqué à l’AFP une deuxième source proche du dossier. Mais tant que le décret sera en place, Huawei sera obligé de procéder en interne aux mises à jour depuis Android Open Source Projet - la version libre de droits - et ses clients devront faire de même.

Il n’est donc pas certain que le groupe chinois puisse, à l’avenir, continuer à proposer Android et toutes les applications en découlant, à l’instar de la très populaire plateforme de vidéos YouTube.

“Huawei a largement contribué au développement et à la croissance d’Android dans le monde entier”, rappelle l’entreprise, s’appuyant sur 200 millions d’appareils (et donc de licences du système d’exploitation de Google) vendus en 2018. “Nous continuerons à construire un écosystème logiciel sûr et durable, afin de fournir la meilleure expérience possible à tous les utilisateurs à travers le monde”, ajoute encore le géant des télécommunications. Cet écosystème pourrait d’ailleurs être propre à Huawei, laisse entendre une source proche du dossier.

Au premier trimestre, Huawei a vendu 59,1 millions de smartphones, ce qui lui assure 19% de parts de marché, devant l’américain Apple mais toujours derrière le leader mondial, le sud-coréen Samsung. JUG/OLA/