Il usurpait l’identité de jeunes filles sur Tinder et Badoo: “Ce qu’il a fait est grave”

Le parquet de Verviers a requis, lundi devant le tribunal correctionnel, une peine de 18 mois de prison ferme à l'encontre d'un Plombimontois de 26 ans suspecté d'avoir créé, entre 2013 et 2017, des profils Tinder et Badoo, deux applications de rencontre, en usurpant l'identité de plusieurs filles de sa région dont certaines connaissances. 

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Une des victimes, âgée aujourd'hui de 24 ans, s'était présentée à la police en expliquant qu'un jeune homme l'avait contacté via Facebook en précisant qu'il conversait avec elle depuis un certain temps sur Tinder et qu'un rendez-vous, auquel elle ne s'était pas présentée, avait été fixé. Elle avait ainsi découvert que son identité avait été usurpée et avait constaté qu'une connaissance de sa famille était derrière cette escroquerie. 

Deux autres victimes allaient également se plaindre de faits identiques et à chaque fois l'adresse IP du domicile du Plombimontois était liée à ces créations de comptes sur base d'identités usurpées.

“De fausses informations sur ma vie intime”

"Ce qu'il a fait est grave car de fausses informations sur ma vie intime ont ainsi été écrites et partagées avec des inconnus qui pourraient m'en vouloir de ne pas avoir répondu à leurs avances", avait expliqué, lors d'une audience de 2017, une des victimes inscrites à son insu sur Badoo et Tinder.

18 nouveaux faux profils

Alors qu'il risquait un an de prison, le prévenu allait être rattrapé par un second volet du dossier à savoir la création de 18 nouveaux faux profils dont certains utilisant l'identité et les photos de deux présentatrices de TV en Allemagne. Ces nouveaux faits, concomitant avec sa première comparution, avaient été révélés par une nouvelle victime qui avait signalé que son compte avait été piraté. Cette annonce avait interpellé une des premières victimes et des connexions entre les deux dossiers avaient ainsi pu être établies.

Déjà incarcéré 15 jours

Le dossier avait cette fois été mis à l'instruction et le prévenu incarcéré 15 jours. Malgré les analyses techniques corroborant les conclusions du premier dossier - analyses qui identifient l'adresse IP attribuée au prévenu -, celui-ci clame son innocence et incrimine une série d'amis. À la suite de l'analyse des diverses conversations entre le prévenu et des hommes en quête de relations sexuelles, les enquêteurs découvriront des éléments permettant de conclure qu'une tierce personne se cache derrière ces faux profils.

Vu la longueur de la période infractionnelle, la personnalité perturbée du prévenu et les conséquences psychologiques pour les victimes, le parquet réclame 18 mois ferme. Le jugement sera rendu le 6 janvier.