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La 5G devra attendre: le comité de concertation n'a pas su s'accorder sur les licences

UpdateLe comité de concertation, qui réunit les entités fédérale et fédérées du Royaume, n'est pas parvenu à s'entendre sur l'octroi des licences 5G, les Régions exigeant au préalable un accord sur la répartition des recettes, a regretté mercredi matin le ministre en charge des Télécoms, Philippe De Backer (Open Vld). Ce dernier craint que ce blocage provoque un retard d'une ou de deux années dans l'implantation de l'internet super-rapide en Belgique.

Afin de pouvoir lancer la procédure d'octroi des licences 5G à la fin de cette année ou au début de l'année prochaine, le gouvernement fédéral devait s'entendre avec les Régions, compétentes pour le secteur des médias. Faute d'accord, il faudra attendre les élections et la formation du prochain gouvernement.

Ce mercredi, les discussions ont tourné court, les Régions exigeant au préalable un accord sur la répartition des recettes. La clé de répartition 80/20 utilisée lors de la dernière procédure d'octroi ne convient en effet plus aux entités fédérées qui demandent une part plus importante du gâteau.

"On bloque l'économie d'un pays pour une question de sous"
"J'avais proposé de donner notre feu vert à la mise aux enchères et de mener les discussions sur la répartition par la suite. Mais ce n'était pas possible. Maintenant, nous risquons de perdre 2 ans", a pointé Philippe De Backer.

"C'est vraiment dommage et ça témoigne d'une vision à courte vue. A cause d'une question de sous, on bloque l'économie de notre pays, en mettant un frein aux nouveaux services et à l'innovation des start-ups", a-t-il ajouté.

Offrant un débit plus rapide, la technologie 5G permet surtout de réduire le délai de connexion entre les appareils. Selon la Commission européenne, chaque Etat membre devra proposer une couverture 5G dans au moins une ville pour 2020.

Debaets fait part de sa vive inquiétude
La secrétaire d'État bruxelloise en charge de la Transition numérique Bianca Debaets (CD&V) a fait part mercredi, de sa "vive inquiétude" à propos des conséquences du blocage observé au sein du comité de concertation à propos du déploiement de la 5G.

"Je ne comprends pas que certains soient à ce point frivoles pour bloquer le déploiement de la 5G. Il est scandaleux que l'on veuille hypothéquer l'évolution technologique de nos entreprises, freiner la croissance économique et mettre en péril le leadership de certaines start-up belges", a commenté pour sa part, Bianca Debaets.

Selon la secrétaire d'Etat bruxelloise, la 5G peut sans nul doute apporter de nombreux avantages en termes d'innovation, de recherche et de technologie médicales, de mobilité (voitures autonomes par exemple), de sécurité routière et de start-up. 

En tant que moteur économique du pays et capitale européenne, Bruxelles a déjà fait émerger un écosystème idéal pour les start-up belges: pas moins d'une start-up sur 4 en Belgique voit le jour en Région bruxelloise. 

La secrétaire d'Etat bruxelloise a appelé les uns et les autres à "se montrer raisonnables: ceux qui voient cela comme un jeu de poker et s'amusent à bluffer pour de simples intérêts partisans ou financiers jouent en réalité avec les emplois et la croissance. C'est une attitude enfantine et irresponsable", a-t-elle ajouté. 

Mme Debaets soutient la proposition de compromis du ministre fédéral De Backer consistant à donner le feu vert à la mise aux enchères et à mener ensuite les discussions sur la répartition des recettes. 

De son côté, le ministre-président flamand Geert Bourgeois a jugé digne d'intérêt la proposition d'Agoria de dissocier la vente aux enchères des fréquences 5G du multibande et de laisser les opérateurs travailler avec des licences de test. Il doit toutefois encore en référer à son gouvernement.