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Image d’illustration © AFP

La fin des “likes” sur Instagram est-elle une bonne nouvelle?

Ma photo sur une île grecque plaira-t-elle davantage que la tienne à Venise? Pour mettre fin aux batailles d'égo, Instagram n'affiche plus les "likes" dans certains pays. Un début de réponse pas forcément suffisant face à la "pression" sociale des réseaux parfois mal vécue par les plus jeunes.

La nouvelle a fait l’effet d’une bombe chez les influenceurs. Le réseau teste une nouvelle fonctionnalité dans six nouveaux pays (Australie, Italie, Irlande, Japon, Brésil et Nouvelle-Zélande, après le Canada): le nombre total de “likes” n’est plus affiché sous chaque photo mais uniquement visible par l’auteur de la publication.

Instagram, réseau de partage d'images comptant un milliard d'utilisateurs dans le monde semble avoir pris conscience de la "pression" vécue par certains de ses adeptes. Son patron Adam Mosseri annonçait début juillet la création de nouveaux outils contre le harcèlement, dont l'apparition d'un message d'avertissement contre les commentaires haineux généré par un logiciel d'intelligence artificielle.

"Nous voulons qu'Instagram soit un lieu où les gens se sentent à l'aise pour s'exprimer", a expliqué une responsable de Facebook, maison-mère d'Instagram, pour l'Australie et la Nouvelle-Zélande, Mia Garlick. "Nous espérons que ce test fera baisser la pression (...) afin que vous puissiez vous consacrer au partage de ce que vous aimez".

Instagram, pire réseau social pour la santé mentale des jeunes?

Instagram, arène d'une course à la popularité et à la mise en avant de soi? Les problèmes de mal-être surviennent lorsque "l'attention qu'on reçoit diminue" et qu'il manque ce "temps de jouissance addictif". En 2017, une étude de la Royal Society for Public Health classait Instagram comme le pire réseau social pour la santé mentale des jeunes au Royaume-Uni, selon 14 critères dont la perception de soi, l'anxiété ou le harcèlement.

Même si les "likes" disparaissent, resteront les photos, parfois trompeuses et dopées aux filtres, d'une fausse réalité socialement parfaite. Une influenceuse australienne, Essena O'Neil, avait dénoncé en 2015 les tromperies du réseau et témoigné de son mal-être en réécrivant toutes ses légendes pour raconter les dessous de ses clichés.

Pour la sociologue Simone Carlo, ne plus se focaliser sur les "likes" peut améliorer le bien-être des internautes, mais "en même temps l'approbation populaire sera encore disponible pour ceux qui le veulent". 

L’experte Laurence Allard entrevoit ainsi la fin de la guerre entre influenceurs mais imagine également "un changement de l'unité de mesure de la popularité", en se basant par exemple sur les "émojis en forme de coeur laissés en commentaire ou le nombre total de commentaires".