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Les opérateurs télécoms s’inquiète d'une éventuelle interdiction de Huawei en Europe

55 milliards d’euros et 18 mois de retard: voilà ce qu’il en coûterait aux opérateurs européens de télécommunications si Huawei et d’autres entreprises chinoises étaient bannies du déploiement de la 5G en Europe.

La “cinquième génération de standards pour la téléphonie mobile” doit offrir des débits plus rapides, et permettre de faire circuler en masse des milliards de données, d’un smartphone à l’autre, en connectant aussi, à terme, des robots, voitures autonomes et autres assistants vocaux.

Les deux équipementiers chinois pèsent ensemble 38% du marché des équipements télécoms en Europe (28% pour Huawei, 10% par ZTE), un peu plus de 50% étant aux mains du Finlandais Nokia et du Suédois Ericsson (autour de 25% chacun).

Selon le rapport, le surcoût s’expliquerait “pour moitié par une hausse des coûts liée à une moindre concurrence”, et d’autre part parce que “les opérateurs seraient dans l’obligation de remplacer des infrastructures existantes avant de passer à la 5G”.

Un coût qui pourrait d’ailleurs fortement varier d’un pays à l’autre et même d’un opérateur à l’autre, dans la mesure où l’exposition aux équipements chinois peut être très diverse.

Huawei ne peut plus installer les applications de Facebook

Facebook n'autorise plus Huawei à préinstaller ses applications sur ses smartphones, dernier revers en date pour le géant chinois de la technologie qui a été placé par Washington sur une liste noire l'empêchant de se fournir en composants d'origine américaine. Les clients de Huawei déjà équipés d'un téléphone du groupe pourront toujours utiliser les applications du réseau social et recevoir des mises à jour, mais sur les nouveaux combinés il ne sera plus possible d'avoir WhatsApp et Instagram préinstallés, a déclaré Facebook à Reuters. 

Une pratique courante

Les fabricants de smartphones signent généralement des partenariats pour préinstaller sur leurs appareils des applications populaires comme Twitter, Booking.com et d'autres. Sollicités, Twitter a refusé de s'exprimer et Booking pour sa part n'a pas répondu dans l'immédiat.

La décision de Facebook pourrait affecter les perspectives de Huawei, son activité de smartphones étant devenue l'an dernier le principal contributeur à son chiffre d'affaires, grâce notamment à une forte croissance en Europe et en Asie. Huawei s'est abstenu de tout commentaire.

Les liens avec Google se détériorent

Google, filiale d'Alphabet, a déclaré ce mois-ci qu'il ne fournirait plus son système d'exploitation Android à
Huawei après le sursis de 90 jours accordé par l'administration américaine au groupe chinois, qui expire en août. Le magasin d'applications Google Playstore et les programmes du groupe américain seront cependant toujours disponibles pour tous les téléphones actuels de Huawei, y compris ceux qui ne sont pas encore livrés ou même produits.

À la différence de Google, Facebook n'entend toutefois plus proposer son application sur les appareils de Huawei qui ne sont pas encore sortis d'usine, a déclaré une source proche du dossier. La source n'a pas précisé quand l'interdiction commencerait.

Espionnage

Huawei est soupçonné par les États-Unis d'espionnage pour le compte de Pékin, des accusations que le groupe rejette en bloc.

Le mois dernier, Huawei s'est engagé à continuer à fournir des mises à jour et des services après vente à tous ses appareils, mais certains propriétaires de ses smartphones en Europe et en Asie commencent à se poser des questions. Des analystes estiment aussi que le groupe chinois pourrait voir ses ventes de smartphones chuter d'un quart cette année et risque même de disparaître des marchés hors de Chine.