Une filiale belge de Huawei blacklistée par les Etats-Unis

Une liste de 68 entités liées au géant chinois des télécoms Huawei a été dressée par le Département du commerce des Etats-Unis. Parmi elles, l'on retrouve une spin-off louvaniste, rachetée en 2013, active dans les semi-conducteurs, révèle L'Echo jeudi.

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Les Etats-Unis souhaitent couper les ponts commerciaux entre le pays et cette société, car elle "pose un risque significatif d'implication dans des activités contraires à la sûreté nationale ou aux intérêts en matière de politique étrangère des Etats-Unis", dit le texte que relaye L'Echo.

Spin-off louvaniste

Basée à Gand, "Huawei Technologies Research & Developement NV" est une spin-off de l'Institut de micro-électronique et composants (Imec) de Louvain, fondée en 2010. Elle a été rachetée en 2013 par Huawei. La société est leader dans les composants pour semi-conducteurs photoniques sur silicium, technologie qui doit permettre la création d'un nouveau type d'émetteurs-récepteurs pour l'industrie des télécoms. Elle a généré 17 millions d'euros de chiffre d'affaires encore en 2017 et compte une équipe d'une quarantaine de personnes, ressort-il de ses comptes annuels.

La Chine fustige un “harcèlement économique” américain

Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a fermement dénoncé un “harcèlement économique” par les Etats-Unis du géant des télécoms Huawei et prévenu que Pékin se battrait “jusqu’au bout” dans la guerre commerciale contre Washington. Le conflit s’est envenimé après la récente décision de l’administration Trump de placer Huawei sur liste noire au nom de la sécurité nationale, ce qui a poussé plusieurs entreprises, comme Google, à couper certains liens avec le fabricant chinois de smartphones.

“Pression” américaine

“L’utilisation par les Etats-Unis de la puissance de l’État pour mettre arbitrairement la pression sur une entreprise privée chinoise telle que Huawei, c’est typiquement du harcèlement économique”, a déclaré Wang Yi, selon un communiqué publié mercredi soir par son ministère. Le président Donald Trump a décidé la semaine dernière de bannir les exportations de produits technologiques américains vers certaines entreprises jugées “à risque”, franchissant une nouvelle étape dans l’offensive tous azimuts engagée contre la Chine.

Le géant japonais de l’électronique Panasonic a annoncé jeudi cesser de fournir certains composants à Huawei, en raison de l’interdiction américaine. La veille, des opérateurs téléphoniques au Japon et au Royaume-Uni avaient annoncé reporter la mise en vente de smartphones Huawei.

“Approche présomptueuse”

“Certaines personnes aux Etats-Unis ne veulent pas que la Chine jouisse du droit légitime de se développer et cherchent à entraver son processus de développement”, a déclaré Wang Yi. “Cette approche américaine extrêmement présomptueuse et égocentrique n’est pas à même d’obtenir l’approbation et le soutien de la communauté internationale”, a-t-il martelé.

Choc des Titans

Les deux premières puissances économiques mondiales n’ont pas annoncé de nouvelle date pour la reprise de leurs négociations commerciales et s’affrontent toujours via l’imposition mutuelle de droits de douane punitifs. “Si les États-Unis sont disposés à négocier sur un pied d’égalité, alors du côté chinois, la porte est grande ouverte”, a souligné Wang Yi. “Mais s’ils optent pour une politique de pression maximale, la Chine répliquera et se battra jusqu’au bout.”