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Exclusif: Olivier Lejeune ressuscite "Bon week-end"

Dans le cadre du Festival international du Rire de Rochefort, Olivier Lejeune s'apprête à retrouver ses anciens camarades Pierre Aucaigne et Berlu sur scène à l'occasion de deux soirées "Bon week-end" un peu particulières.

Tout le monde se souvient de "Bon Week-end". Diffusée entre 1992 et 1999 sur ce que nous appelions alors RTBF1, cette émission immensément populaire, lancée par le regretté Bernard Faure, a marqué notre pays. Elle alliait humour et variétés dans une joyeuse ambiance. Les artistes se produisaient proches du public dans le décor d'un café. Pendant plusieurs années, "Bon week-end" fut l'émission de divertissement la plus regardée en Belgique francophone.

Pour sa 39ème édition, le Festival international du rire de Rochefort va tenter de recréer cette ambiance lors de sa double soirée inaugurale (mercredi 15 mai et jeudi 16 mai 2019), sur un scénario de Gil Galliot, avec dans les rôles principaux: Olivier Lejeune, Pierre Aucaigne et Laurent Chandemerle.

Rencontre avec Olivier Lejeune, qui succéda à Bernard Faure à l'animation du programme.

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Olivier, qui a eu l'idée de ressusciter "Bon week-end"?
J'avais été contacté, avec Pierre Aucaigne (Momo), pour refaire "La Classe" en public, mais à cause de ma tournée "Mémoires d'un tricheur", de Sacha Guitry, je ne pouvais pas. Pierre a ensuite rencontré par hasard Jean-Marc Mahin, le président du Festival du rire de Rochefort. Ce monsieur m'a ensuite appelé et m'a dit : "Ça m'intéresserait de refaire un faux "Bon week-end"." À l'époque, c'est moi qui écrivais les textes fil rouge et les dialogues des personnages récurrents.

C'est un projet qui vous enthousiasme?
Ah oui! C'est amusant de retrouver l'ambiance. J'ai adoré! Ça a été 5 ans de bonheur, toutes les semaines. C'est ce qui m'a beaucoup retardé dans ma carrière d'auteur. Parce que chaque semaine, il fallait pondre un nouveau fil rouge pour habiller les invités. J'avais envie d'écrire pour le théâtre mais je n'y arrivais pas. C'étaient des petites pièces qu'on jouait chaque semaine. J'ai arrêté "Bon week-end" en 1998 et j'ai écrit ma première pièce en 2002.

Quel souvenir gardez-vous de cette période?
Ça a été merveilleux! J'avais la confiance de Pierre Dupont, le producteur, qui ne disait jamais non et qui avait sa petite voix douce. Momo avec son berret est devenu une grande star. J'ai reçu Raymond Devos quatre ou cinq fois. C'était formidable de pouvoir l'interviewer. Alil Vardar débutait avec Les fous alliés. Il rêvait de faire "Bon week-end", il venait passer des auditions et j'étais le seul à le soutenir. J'ai toujours été celui qui tend la main aux autres. Et d'ailleurs, on m'en a su gré souvent. Claudine Rinchard, la coproductrice, était très prude. Elle disait: "Avec moi, rien en-dessous de la ceinture." Aujourd'hui, il n'y aurait pas beaucoup d'humoristes qui passeraient à la télé.

"J'ai vraiment eu un coup de cœur pour Stéphane Steeman

"Quelle a été votre plus belle rencontre?
J'ai vraiment eu un coup de cœur pour Stéphane Steeman. D'abord, on avait un amour commun de Sacha Guitry. J'avais été épaté par sa collection sur Hergé. Il y a trois mois, Régine Verhelst, sa veuve, m'a offert les poignés en laiton du bureau de Sacha Guitry.

Chaque été, sur La Trois, la RTBF rediffuse des numéros de "Bon week-end". Des rediffusions qui enregistrent de belles audiences. Comment l'expliquez-vous?
J'ai tellement vécu cette émission de l'intérieur. De temps en temps, j'en ai revu des petits bouts. Et à chaque fois, je me dis que c'était vraiment riche, il y avait un bon montage, une ambiance et une convivialité. Il y avait un public de 200, 300 personnes. C'était vraiment une famille qu'on retrouvait.L'émission était enregistrée dans un hôpital désaffecté...
Un jour, Sophie Forte vient pour un enregistrement, elle s'est trompée de chemin et s'est retrouvée à la morgue. Elle est ressortie verte comme une algue. C'est l'autre porte qui donnait accès au studio. (Il rit.)

Qui retrouvera-t-on sur scène les 15 et 16 mai?
Pierre Aucaigne, Berlu - je me réjouis de les retrouver ! -, Laurent Chandemerle, Bruno Coppens, Pierre Theunis, Didier Boclinville, et de jeunes talents comme Félix Radu ou Farah.

Vos pièces de théâtre sont toujours un immense succès mais elles ne sont jamais programmées en Belgique. Pourquoi?
"Tout bascule" a été adapté en wallon liégeois et a longtemps été joué à Liège. Récemment, "Le secret des cigales, que j'ai mis en scène, avec Patrick Sébastien, a été joué au Centre culturel d'Auderghem. Et je me réjouis de venir rejouer en Belgique grâce au Festival du rire de Rochefort.

Vous êtes également en tournée?
Absolument! Avec la pièce "Mémoires d'un tricheur", de Sacha Guitry, mais aussi avec mon one-man-show "Mieux vaut en rire". Et la saison prochaine, je jouerai dans "Si je peux me permettre", une pièce de Robert Lamoureux.

"Bon week-end spécial FIRR": les 15 et 16 mai à 20h au Centre culturel des Roches, Rue de Behogne 5, 5580 Rochefort. 

Réservations: www.festival-du-rire.be