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Il n’y aura plus de pub Nutella avant les émissions de Zemmour

Le groupe Ferrero, le fabricant de la célèbre pâte à tartiner au cacao, a annoncé qu’il se retirait comme annonceur de l’émission “Zemmour et Naulleau” sur Paris Première après les propos controversés de l’éditorialiste sur l’islam à la Convention de la Droite.

Le 3 octobre dernier, l’entreprise agroalimentaire italienne avait été interpellée sur Twitter par Sleeping Giants, un groupe qui se présente comme “un collectif citoyen de lutte contre le financement du discours de haine”. “En passant vos pubs sur Paris Premiere ce mercredi 2/10 pendant l’émission de Zemmour, vous le cautionnez et le financez. Est-ce délibéré? Il est connu pour ses propos incitant à la haine raciale et religieuse (condamné 2 fois)”, s’indignait l’organisation activiste.

Quatre jours plus tard, Ferrero France a réagi en expliquant que son agence média ne connaissait “ni le contenu ni la programmation” au moment où elle a réalisé ses achats média avec Paris Première. “En aucun cas nous ne cautionnons les propos et prises de position de M. Zemmour. Nous avions effectivement un spot avant l’émission. À la vue des récents évènements, nous avons demandé à Paris Première d’exclure ce programme de notre liste de diffusion”, prolonge l’entreprise.

Né aux Etats-Unis après l’élection de Donald Trump, le collectif Sleeping Giants (traduisez “géants endormis”) a pour objectif de s’attaquer au porte-monnaie des médias qui véhiculent un message de haine, raciste ou sexiste. Pour ce faire, ils interpellent les annonceurs sur les réseaux sociaux afin d’assécher financièrement ceux qui contribueraient à faire passer des idées haineuses.

Breibart ciblé

Sleeping Giants s’est surtout fait connaître en ciblant les marques qui faisaient de la publicité sur le site d’extrême droite Breitbart news, dirigé par Steve Bannon, ancien conseiller et grand artisan de la victoire de Donald Trump aux élections présidentielles. Ce qui a privé Breitbart de 90% de ses revenus publicitaires.

Le collectif a alerté d’autres annonceurs en France qui sont associés aux chaînes ou aux émissions où travaille Eric Zemmour. Par exemple GIFI, une enseigne de distribution de produits à petits prix.

Pour rappel, le parquet de Paris a annoncé il y a un peu plus d'une semaine l’ouverture d’une enquête pour “injures publiques” et “provocation publique à la discrimination, la haine ou la violence”, après des propos du polémiste ayant visé l’immigration et l’islam. Les investigations ont été confiées à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP). 

Dans ce discours, prononcé lors de la “Convention de la droite” le samedi 28 septembre dernier, Eric Zemmour s’en était pris, entre autres, aux immigrés “colonisateurs” et à “l’islamisation de la rue”.

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Eric Zemmour lors de la Convention de la droite le 28 septembre. © Photo News