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Capture d'écran. © LCI

“Je dis aux hommes: violez les femmes”: nouvelle polémique pour Alain Finkielkraut

“Violez, violez, violez ! Je dis aux hommes: violez les femmes. D’ailleurs, je viole la mienne tous soirs et elle en a marre”. Cette phrase d’Alain Finkielkraut sur le plateau de David Pujadas mercredi soir provoque depuis plusieurs heures un torrent de réactions. En particulier depuis un tweet posté ce jeudi matin. Explications.

Le débat du jour de l’émission “La Grande Confrontation” sur LCI était ce mercredi 13 novembre: “Toutes les opinions sont-elles bonnes à dire?”. Aux côtés de David Pujadas, plusieurs personnalités avaient été invitées à débattre sur cet épineux sujet: le dessinateur Philippe Geluck, les journalistes Philippe Val et Frédéric Taddeï mais aussi la militante féministe Caroline De Haas et le philosophe controversé Alain Finkielkraut, entre autres. 

À un moment de la soirée, Caroline De Haas a évoqué Eric Zemmour, la blague de Tex sur les femmes battues - qui lui a valu son licenciement de France 2 - et le célèbre sketch de Jean-Marie Bigard “Le lâcher de salopes”. Ces sketchs “sont d’une grande violence parce qu’ils banalisent la réalité de ce que subissent des centaines de milliers de femmes en France”, a-t-elle expliqué. 

La militante a alors glissé sur l’affaire Polanski. “Quand vous avez des personnes qui passent très régulièrement à la radio qui disent que quand un homme de 40 ans viole une fille de 13 ans, ce n’est pas vraiment un viol parce qu’elle n’était plus vraiment une petite fille, comme l’a fait Monsieur Finkielkraut, cela banalise la réalité du viol,” a-t-elle ensuite lancé à l’encontre de son interlocuteur.  

Caroline de Haas fait ici référence à d’anciennes déclarations d’Alain Finkielkraut sur l’affaire Polanski qui ont récemment refait surface, rappelle Libération. À l’époque, le philosophe avait défendu le réalisateur en argumentant que sa victime, âgée alors de 13 ans, n’était pas “une petite fille, une fillette, une enfant au moment des faits, mais une adolescente qui posait nue ou dénudée pour Vogue Homme”.

“Violez, violez, violez, Je dis aux hommes : violez les femmes. D’ailleurs je viole la mienne tous les soirs et elle en a marre”, s’est alors emporté le philosophe d’un ton ironique, forçant David Pujadas à intervenir: “C’est évidemment du second degré”, a-t-il tempéré.

“Vous n’avez pas le droit de dire ça. Ce n’est pas drôle!”, a de son côté ajouté la militante féministe. 

Les images d’Alain Finkielkraut prononçant cette phrase ont été reprises ce jeudi matin sur Twitter par le compte de l’association “Nous Toutes”. “Monsieur, vous banalisez le viol. Vous insultez toutes les femmes victimes de viol conjugal”, écrit l'organisation qui appelle à une marche le 23 novembre à Paris pour lutter contre les violences faites aux femmes. Le tweet a provoqué une avalanche de réactions. 

Caroline De Haas a également commenté le vif échange sur Twitter. “Je ne sais pas quoi faire de cela. Soit ce monsieur est violent, soit il trouve ça drôle de caricaturer le viol conjugal. Soit les deux. Dans tous les cas, il a besoin d’aide.”