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Laëtitia et Aurélie sont les grandes gagnantes de cette douzième saison de Pékin Express. © RTL-TVI

Laëtitia et Aurélie (Pékin Express): "Notre famille nous disait qu'on ne tiendrait pas huit jours”

interviewAprès 40 jours d’aventure, Laëtitia et Aurélie ont remporté la douzième saison de Pékin Express. Elles sont les deuxièmes candidates de l’histoire de l’émission à avoir empoché la totalité des gains, soit 100.000 euros. Au lendemain de leur victoire, les deux sœurs se sont confiées avec beaucoup d’émotion dans une interview exclusive pour 7sur7.

La finale a commencé sur les chapeaux de roue avec un sprint intermédiaire qui comprenait un saut à l’élastique. Comment vous avez vécu cette épreuve?

Aurélie: Ça a vraiment été l’épreuve la plus difficile de notre aventure. Je pense que ça s’est vu. Ça a été - autant pour ma sœur que pour moi - un réel dépassement de soi. C’est vraiment quelque chose qu’on redoutait toutes les deux, mais on s’est dit: “On est en finale, il faut y aller”. Ma sœur a un tempérament plus aventurier que moi. Moi, je suis plus posée et réfléchie, ça me correspondait mieux de répondre aux questions. Et puis on l’avait dit depuis le début de l’aventure qu’on n’abandonnerait jamais, c’était pas envisageable, alors on y est allées.
Laetitia: J’ai du mal à mettre des mots sur cette épreuve. Hier, en découvrant les images, j’ai trouvé ça bouleversant. Je ne suis pas sûre de pouvoir le refaire, on était dans un contexte très particulier. J’ai fait pékin Express pour me dépasser, donc c’était le but. Ça aurait été un drame d’abandonner, mais j’étais terrorisée. Je ne sais pas comment j’ai fait pour trouver le courage. Je l’ai vraiment vécu comme un drame.

Le sprint final a également été difficile, avec les pénalités de trois minutes à chaque mauvaise réponse. Comment vous avez fait pour rester motivées malgré les coups durs ?

Aurélie: C’est très difficile, parce que chaque seconde compte dans un sprint final. Au moment où on voit Mounir et Lydia répondre correctement et partir devant nous, on se met beaucoup de pression. Nous on passe derrière, on se plante, là il faut accuser le coup. Après on sait depuis le début de Pékin Express que tant qu’on ne voit pas Stéphane, rien n’est joué. On l’a appris, dans Pékin Express, on peut partir les premiers et finir derniers. On peut avoir une tuile, il peut se passer plein de choses. À un moment, ma sœur a un petit coup le stress dans la voiture. Elle est un peu défaitiste, et elle me dit: “Ça y est, c’est mort, on a perdu”. Du coup, je sens qu’elle a besoin de moi, qu’elle a besoin de réconfort, donc je lui dit: “Allez, on donne tout, on ne va pas se laisser démoraliser, on en a vu d’autres”. Et on décide alors de tout donner jusqu’au bout. Mais c’est vrai qu’à ce moment-là, dans notre tête, on n’est pas gagnantes...
Laëtitia: On était abattues. On était complètement à côté de la plaque. On s’est dit qu’on allait faire comme si c’était une étape normale et qu’il fallait simplement gagner l’amulette. On ne voulait pas se décourager. De toute façon, ça serait ridicule de se décourager en finale parce qu’on a plus rien à perdre et il faut tout donner. D’habitude on se serait engueulées, mais là on était concentrées. On sait que tant qu’on n’est pas arrivées devant Stéphane, tout est possible. On ne sait jamais où sont les autres binômes. C’est ce qui nous a permis de rester très motivées.

Finalement, vous avez remporté l’aventure. Qu’est-ce que vous avez ressenti quand vous êtes arrivées sur la place et que vous avez allumé la vasque ?

Aurélie: Ça fait un drôle d’effet. C’est vrai que quand on allume la flamme, on ressent un sentiment indescriptible. C’est pas seulement le fait de gagner 100.000 euros, c’est un aboutissement. On se dit qu’on est deux nanas, deux mamans. Il y avait des gros bras, des athlètes, de rudes adversaires cette année, et finalement, c’est nous qui avons gagné. On a tenu le bon bout. Bien sûr, les 100.000 euros viennent après, mais on ne réalise pas. Encore aujourd’hui, on ne réalise toujours pas. C’est vraiment bizarre comme sensation. On était surtout fières d’être arrivées au bout et d’avoir gagné pour prouver à nos maris, à nos enfants et à nos parents qu’on était capables de le faire. Ils nous ont lynchées avant de partir en nous disant: “Les filles, vous ne tiendrez pas huit jours. Quand la faim va se faire sentir, vous allez revenir”. Du coup, on était très fières. Notre objectif numéro un, c’était prouver à notre famille qu’on pouvait gagner. C’était vraiment une fierté personnelle.
Laëtitia: On pensait vraiment avoir perdu. Quand on est arrivées sur le plateau final, il y avait des danseuses partout, des flammes, alors je me suis directement dis qu’on avait perdu. Et quand on a réalisé qu’on avait gagné, on était sidérées. On ne s’y attendait pas du tout. C’est bizarre à dire, mais je suis plus contente d’avoir terminé le jeu plutôt que d’avoir gagné les 100.00 euros. C’est tellement dur qu’on ne réalise toujours pas.

Comment votre famille a réagi à votre victoire ?

Aurélie: On a regardé la finale en famille, et nos parents étaient très émus et très fiers. Et nous aussi. Même en en reparlant aujourd’hui je sus très émue. Voir la fierté dans les yeux de nos parents, ça n’a pas de prix. Mon fils étaient en pleurs devant la télé. C’est tout ce qu’on est venues chercher. On est venues montrer que les femmes étaient fortes. On n’est pas seulement des mamans, on est aussi fortes que certains hommes. C’était très important pour nous de montrer ça.
Laëtitia: Nos parents étaient en larmes. Ils nous ont vues soudées et complices. D’habitude on ne pleure jamais dans ma famille, alors ça m’a fait bizarre de les voir pleurer. C’est très bouleversant. J’en suis encore retournée.

A part votre victoire, quel est votre plus beau souvenir de Pékin Express?

Aurélie: C’est difficile de résumer un aventure en un seul souvenir, mais ce qui nous a le plus marqué, c’est la générosité des gens. C’est quelque chose qu’on ne pourra jamais oublier. Les enfants nous ont aussi vraiment fait mal au cœur. On a nous même des enfants, et quand on a vu les conditions dans lesquelles ils vivent, c’était très dur. Mais en même temps, ils étaient tellement heureux et pleins de joie. Ça nous bouleversait à chaque fois. La plus belle chose qu’on aura retenue de Pékin Express, c’est la générosité des gens.
Laëtitia: J’ai eu un véritable déclic quand on a gagné notre première amulette lors de la deuxième étape. Les premiers jours, on ne s’en sentait pas capables. Il y avait des concurrents redoutables en face de nous. Ça nous a vraiment fait du bien. Sinon, on a aussi fait une belle rencontre avec une cuisinière au Costa Rica. On a pleuré toute la soirée, et le lendemain au moment de la quitter. C’est une femme adorable, qui en bave, qui travaille très dur et qui ne gagne pas grand chose. On avait l’impression d’être trois sœurs.

Citation

Je suis encore traumatisée par le saut à l’élastique”

Laëtitia

Qu’est-ce qui a été le plus difficile à vivre?

Aurélie: Pour moi ça a été l’éloignement avec mes enfants et mon mari. J’ai des enfants en bas âge, 6 ans et 18 mois au moment du tournage, et ça a été très difficile de les laisser. Je pensais tout le temps à mon mari qui a pris 40 jours de congés sans solde pour gérer les enfants H24. C’est un mari formidable, je suis très fière de lui. Sans lui, rien n’aurait été possible. Ça a été très difficile d’être loin d’eux et de ne pas avoir de nouvelles. Honnêtement, la première semaine, je me suis dit: “Je ne sais pas si je vais pouvoir tenir comme ça jusqu’au bout”. C’est là que ma sœur a été d’une grande aide pour moi. Elle m’a dit que je devais faire ça pour eux. Elle m’a appris à transformer ce handicap en une force et une motivation.
Laëtitia: Pour moi, c’est le saut à l’élastique. J’en suis encore traumatisée. C’était trop dur. Je ne sais pas s’ils ont vraiment mesuré la difficulté de cette épreuve. J’étais à bout. Quand on est contraint d’y aller et qu’en plus on sait qu’on va devoir le faire plusieurs fois d’affilée, c’est très difficile.

Vous avez été la cible de quelques critiques, notamment de certains autres binômes après l’aventure, qui vous ont reproché d’être très compétitrices. Qu’est-ce que vous avez à leur répondre ?

Aurélie: La critique est toujours facile. Je pense que certains binômes ont très mal vécu leur défaite. Ils regrettent aujourd’hui leurs mots mais malheureusement, c’est dit. Ça nous a blessées sur le moment. Oui, on a toujours été très compétitrices, mais qui ne l’est pas dans Pékin Express? C’est une compétition. On a toujours été honnêtes. On a toujours dit aux autres candidats qu’on ne leur ferait pas de cadeaux, mais ça ne nous a jamais empêché de faire les choses correctement. Certains binômes ont eu des mots un peu durs, mais on leur en veut pas pour autant. Aujourd’hui chacun fait sa vie. Il y a des candidats avec qui on a de super affinités et d’autres mois, mais c’est comme dans la vie de tous les jours, on ne peut pas aimer tout le monde.