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Lu-Anh est la seule candidate belge du Meilleur Pâtissier cette année: jusqu'où ira-t-elle? © RTL TVI

Lu-Anh, la candidate belge du Meilleur Pâtissier: “J’ai gagné dix ans pendant le concours”

On a rencontré Lu-Anh, la spitante candidate belge du Meilleur Pâtissier, diffusé en Belgique dès ce lundi à 20h15 sur RTL TVi. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette analyste de données de 42 ans et mère de deux enfants vous donnera envie de regarder l’émission pour autre chose que la nouvelle coupe de cheveux de Cyril Lignac. Son style de pâtisserie? “Figuratif et girly, s’inspirant de la culture japonaise, et des animations 3D”.

Qu’est-ce qui vous a poussée à vous inscrire pour cette édition du Meilleur Pâtissier? Vous étiez une inconditionnelle de l’émission?

Moi, j’adore me lancer de nouveaux challenges chaque année. Il faut savoir que je m’étais déjà inscrite à deux autres téléréalités: la Nouvelle Star il y a dix ans et The Voice Belgique il y a deux ans. Oui je sais, ça n’a rien à voir! Mais je n’ai jamais été très loin, sinon on m’aurait déjà vue à la télé (elle rit). Donc cette année, je me suis dit pourquoi pas le Meilleur Pâtissier? On m’avait déjà poussée à m’inscrire dans mon entourage suite à mes réalisations. Je me suis lancée et alors là, grosse surprise, j’ai été prise! Et puis la grosse pression aussi parce qu’en fait, il a fallu beaucoup travailler. Je n’y croyais pas en voyant les blogs de tous les autres cuisiniers, qui sont très techniques, mais en fait, mon profil leur a plu. 

Comment se passe la sélection?

On envoie une auto-description de nous et de nos gâteaux, puis on se rend sur place pour une dégustation. J’ai dû aussi envoyer une vidéo-capsule à l’improviste, pour montrer ma personnalité. Je revenais d’être allée courir, j’étais toute rouge, j’ai appelé deux collègues et on a fait ça dans la cafétéria, j’avais fait tout un scénario, c’était très comique. 

Concrètement, comment on concilie le tournage et la vie de famille? 

Il a fallu revoir l’organisation car durant le tournage, on ne peut pas rentrer chez soi, cela se fait en un bloc (sept semaines pour ceux qui vont jusqu’à la finale, N.D.L.R.) mais mon mari m’a dit ‘je gère’. Mes garçons étaient contents de rester entre hommes, je ne veux pas savoir comment ils se sont débrouillés sans moi! Ce n’était pas facile, c’est long, mais tout le monde y a mis du sien parce que c’était une belle opportunité pour moi.

Depuis combien de temps pâtissez-vous?

Mes biscuits décorés, ça fait trois ans. Mais les gâteaux, une petite année. Alors maintenant que la nouvelle de ma participation à l’émission s’est répandue, on me demande tout le temps d’en faire. Dans la famille, les anniversaires et aussi à l’école! J’ai encore plus la pression qu’avant!

Vous avez un dessert préféré?

J’adore le merveilleux. Parce qu’il y a du croquant, du gras, de la crème fraîche, du chocolat, c’est sucré, bref tout ce qui est gourmand! Et la pavlova aux fruits rouges. Ce sont mes gâteaux de référence dans une pâtisserie: si c’est bon, tout sera bon! Je sais aussi le préparer, mais ma spécialité ce sont les biscuits japonais, très mangas, très mignons, et surtout les conceptions en 3D en biscuits (elle nous en offre un trop beau pour être mangé).

Et vous avez une bête noire en cuisine?

Le travail du chocolat! Je suis très, très maniaque et le chocolat, c’est obligé, quand on le travaille, on est cracra de partout. Je ne le maîtrise pas en décoration, mais en préparation, ça oui. 

Qu’est-ce qui peut faire de vous une gagnante de cette saison du Meilleur Pâtissier?

Je suis très, très créative. J’ai tellement d’idées que ça jaillit et ça part dans tous les sens. Alors parfois, il faut me canaliser et mes idées ne sont pas réalisables et ça, je m’en rends compte après (elle rit). Et je ne suis pas créative qu’au niveau visuel, je le suis aussi au niveau gustatif. Je fais des associations de goûts originales, ça plaît ou ça ne plaît pas mais je tente! J’aime la pâtisserie florale et végétale en bouche. D’ailleurs, il y a un fruit que je vais présenter au jury lors de la première émission et en Europe on n’a pas l’habitude de le manger de cette façon... Cyril a été étonné mais il a apprécié!

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Dans l’émission aussi, j’ai toujours présenté quelque chose et c’est ma grande fierté

Qu’est-ce qui vous a posé problème lors du concours?

Je suis très méticuleuse et évidemment, je prends mon temps. Et là, on est dans un contexte où on a un temps limité. On ne se rend pas toujours compte derrière sa TV, mais on a la pression et la gestion du temps, c’est vraiment le plus compliqué. C’est mon grand ennemi. J’ai fait des arts martiaux, et cela m’a appris aussi à ne jamais abandonner, alors je vais toujours jusqu’au bout. Dans l’émission aussi, j’ai toujours présenté quelque chose et pour ça, je suis très fière de moi.

Présenter ses réalisations devant Cyril, Mercotte ou de grands chefs, c’est stressant?

C’est plutôt intimidant. Mes amis qui ont vu la première émission en France me disent que j’ai l’air d’une petite fille et pas d'une femme de 42 ans! On ne le voit pas au montage, mais ils prennent le temps de tout manger, de tout critiquer en bien et en mal. Le pire c’est l’attente, le fameux moment où il met en bouche et il mâche mais il ne dit rien! (elle imite les mimiques de Cyril Lignac) Le plus impressionnant, c’est quand les grands chefs dégustent, car leur palais est très développé. 

Ils restent toujours gentils?

Oui, Cyril est très gentil. Il est vraiment dans l’émotionnel, il aime retrouver les saveurs de son enfance et ses critiques sont toujours très constructives: ‘il y a trop de ça, pas assez de ça’. Mais il dit quand un gâteau lui met les poils. Mercotte, elle est davantage dans la technicité: elle remarque les oublis, les défauts de cuisson. Mais ils n'ont jamais la volonté de casser un candidat, ce n’est pas le but de l’émission. Ils savent que nous sommes amateurs, même si certains candidats sont bluffants.

En êtes-vous ressortie meilleure pâtissière?

Oui, j’ai gagné dix ans en pâtisserie avec tous les conseils, mais aussi parce qu’on a la chance d’avoir des ‘masterclass’ avec les grands chefs qui prennent toujours deux, trois heures voire l’après-midi avec nous. Puis l’échange avec les autres candidats, que ce soit les conseils et les recettes qu’on se passe. Aujourd’hui, je peux encore les contacter dès que j’en ai besoin si j’ai une question en cuisine. J’en ressors grandie et enrichie. 

L’ambiance reste bon enfant entre candidats?

Oui, toujours, même si clairement, il y en a qui sont beaucoup plus compétiteurs que d’autres. Il y en a qui sont juste là pour le fun, d’autres qui veulent aller jusqu’au bout car ils voient ça comme un tremplin. Il faut savoir qu’on est non stop ensemble, on loge au même endroit, on mange toujours ensemble. Forcément, il peut y avoir des petits accrocs, mais jamais rien de méchant. Moi je voulais juste ne pas sortir la première, et personne d’ailleurs, car c’est la plus mauvaise place. Tout ce qui pouvait venir après, ce n’était que du bonus. 

Le Meilleur Pâtissier vous a-t-il donné envie de vous reconvertir?

Je l’aurais fait il y a dix ans. À mon âge, le faire à 100%, c’est plus difficile. Mais j’aimerais, après avoir passé mon accès à la profession, suivre le chemin de Valériane par exemple (candidate de la saison dernière), avec des ateliers. Ce que j’adore, c’est partager mes connaissances. Puis développer mon Instagram/Facebook, vendre des petits biscuits et des petits gâteaux, en à-côté. Ce que je veux avant tout, c’est que cela reste une passion, que ça ne devienne jamais une obligation, et qu’on le sente dans ma pâtisserie.