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Illustration © Getty Images/iStockphoto

Oui, la télévision peut rendre bête et populiste

Les émissions populaires les plus anodines ont une influence réelle sur la vie politique, affirme une étude publiée dans la prestigieuse revue The American Economic Review

Les programmes de divertissement peuvent avoir des “effets pernicieux”, “réduire les capacités cognitives” de leur public et les “inciter au populisme”, révèle Slate qui relaie une étude sérieuse et approfondie sur le sujet. En effet, dans “L’Héritage politique de la télévision de divertissement”, les auteurs Ruben Durante, Paolo Pinotti et Andrea Tesei détricotent les conséquences dévastatrices de l’arrivée de Mediaset et de Silvio Berlusconi dans le paysage télévisuel italien. 

Impact politique de la “télé-poubelle”

Les trois chercheurs ont évalué l’impact politique de la télévision commerciale en Italie et sondé ses “victimes”, scotchées toutes ces années devant leur petit écran. Les résultats sont édifiants. Ainsi, les jeunes téléspectateurs et téléspectatrices de l’époque, qui ont grandi avec Mediaset, démontrent, à l’âge adulte des lacunes “cognitives”, “une conscience civique moindre” et une perméabilité au discours populiste supérieure à ceux qui n’ont pas été exposés à ces programmes. Les tests de psychologie, en mathématiques et en lecture tirent les mêmes conclusions. 

Berlusconi, le marionnettiste 

Dans les années 80, la moitié de la péninsule avait déjà accès à Canal 5 et/ou à diverses chaînes régionales. Au début des années 90, le groupe a commencé à diffuser ses programmes en direct à l’échelle nationale. Parallèlement, l’opération Mains propres allait redéfinir tout le paysage politique italien. En 1994, Silvio Berlusconi, fondateur de Mediaset, profitait de cette nouvelle ère pour accéder à la présidence du Conseil (Premier ministre). Le premier de ses trois mandats à la tête du pays pour le magnat de la télévision “qui a su tirer profit de la situation”. 

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Silvio Berlusconi © Reuters