Pablo Andres tient le journal d'un confiné
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Pablo Andres tient le journal d'un confiné © Facebook @PabloAndres

Pablo Andres: “On va lui niquer sa mère à ce virus”

InterviewConfinement, un synonyme d’ennui? Pas pour Pablo Andres. “Paradoxalement, c’est une période assez riche en termes de créativité”, assure l’humoriste bruxellois. Altruiste, il a décidé de partager son inspiration dans le journal d’un confiné. Accompagné de l’agent Verhaegen, Jerem Floquet ou encore MC Furieux, entre autres, il répond à un besoin essentiel en cette période: rire.

“Ce salopard de coronavirus peut prendre nos salles de spectacle, nos plaines de jeux, mais il ne prendra jamais notre belgitude, notre fierté et notre positivité.” Le message de l’agent Verhaegen est clair. Celui de Pablo Andres aussi. L’accent et le képi en moins, le comédien tient un discours sensiblement identique empreint d’optimisme et de recul. 

“C’est très important de rire en ce moment. Et puis, il faut relativiser. On doit juste rester chez nous, je pense qu’il y a vraiment pire comme situation. C’est le moment parfait pour se recentrer, pour faire le point sur sa vie. Ça permet aussi de se rapprocher. Par exemple, j’appelle mes parents tous les jours, ce que je ne faisais pas avant”, confie le Bruxellois de 40 ans. 

“C’est important d’utiliser ce temps disponible pour en faire quelque chose de constructif. On peut lire, écrire, s’instruire sur un sujet qui nous intéresse. Continuer à s’évader dans sa tête, c’est primordial. On peut vite partir de l’autre côté si on se focalise sur ce qui ne va pas. J’en suis sûr, on va lui niquer sa mère à ce virus.” 

“Quand les gens achètent 500 kilos de PQ, ça n’a pas de sens”

Contraint d'abandonner temporairement la scène et de reporter certaines dates de représentation, Pablo Andres n’a pas prévu de se lamenter. Au contraire. Il continue à (s’)amuser et tient actuellement le journal d’un confiné. “Je n’ai pas hésité une seconde à faire cette série sur le coronavirus. Ce qui est marrant, c’est ce qui ne va pas, ce qui cloche. Quand tout va bien, c’est rarement drôle. Rire c’est exprimer ce que l’on ressent. Et aujourd’hui, on ressent beaucoup de panique, de peur, d’appréhension.”  

“Dans les vidéos, je me moque un peu de cette réaction primaire et logique qu’est la panique”, poursuit-il. “Quand les gens achètent 500 kilos de PQ, ça n’a pas de sens. Mais je préfère qu’ils achètent ça plutôt que des armes comme aux États-Unis. Au final, cela part d'un sentiment similaire, on a peur et on agit en conséquence.”

Il l’assure, “pas d'autocensure”. Traiter un sujet aussi délicat ne modifie en rien son processus d'écriture. “Si je suis plus prudent? Pas du tout. Je n'ai jamais été dans un humour agressif, destiné à blesser ou provoquer. C’est toujours du deuxième voire du dixième degré. Quand l’intention est bonne, on doit rarement se censurer. D’ailleurs, les retours que je reçois sont tous positifs. Personne ne me reproche de traiter ce sujet avec humour. Les gens ont besoin de s’échapper.” 

Plusieurs dates prévues en mars et avril sont reportées à l’automne prochain. Pablo Andres jouera son spectacle à Tournai (le 25 septembre), à Malmédy (le 16 octobre) et à Chimay (le 21 novembre). Les rendez-vous programmés à Mouscron (le 10 mai) et à Rochefort (le 14 mai) sont pour le moment maintenus, sous réserve de l'évolution de la situation.