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Regarder YouTube ou Netflix compulsivement est aussi polluant que prendre l'avion

Les ONG environnementales s'alarment face à la consommation effrénée de vidéos. Le stockage des données et l'électricité nécessaire pour connecter nos appareils aux plateformes de streaming font exploser notre empreinte carbone.

Le groupe Global e-Sustainability Initiative affirme que l'utilisation de Netflix, Facebook, Google et YouTube représente 2% des émissions de CO2 dans le monde. Un chiffre qui effraie, quand on sait que les industriels du secteur aérien atteignent également les 2 à 3%. 

Ce que représente une recherche sur Google et sur Facebook
Faire des recherches sur Internet ou regarder des vidéos mobilise des serveurs informatiques, qui dévorent de l'énergie. Une seule recherche sur Google équivaut à 0,2g de CO2. En 2018, le moteur de recherche comptabilisait 3,3 milliards de recherches par jour, c'est-à-dire 660 tonnes de CO2 émis tous les jours et  241.000 tonnes sur une année. 

Facebook génère 528.000 tonnes de CO2 par an. Cela équivaut à ce qu'émettait toute l'Australie en 2016.

Ce que veut vraiment dire le binge watching
Une heure de visionnage de votre série préférée équivaut à 0,5g de CO2. C'est insignifiant par rapport au simple fait de respirer, qui représente 40 gramme par heure. Netflix s'est même vanté du fait que le visionnage d'une série était moins polluant que la lampe de 100 W qui vous éclaire quand vous lisez 24 livres. Sauf qu'au 31 décembre 2018, Netflix comptait 139,26 millions d'abonnés. Le géant du streaming atteint donc quotidiennement les 100 tonnes de CO2. C'est presque le montant des émissions de toute la Pologne.

Si Google et YouTube font des efforts en utilisant de l'électricité issue des énergies renouvelables, Netflix et Amazon Prime reçoivent encore de très mauvaises notes de Greenpeace. L'ONG déplore notamment leur manque de transparence. 

Des fausses promesses
En 2015, Netflix a annoncé son intention de s'engager pour l'environnement. Mais, d'après Greenpeace, le géant du streaming n'a fait qu'acheter des certificats d'énergies renouvelables et acheter des crédits carbone. 

L'explosion de la vidéo
Le centre d'analyse Cisco estime que la consommation de vidéos en streaming atteindra les 82% du trafic internet en 2020. L'Université de Californie a observé qu'en 2011, 3,2 milliards de vidéos avaient été regardées sur Internet aux États-Unis, ce qui équivaut à 1,3 milliard de kilos de dioxyde de carbone. Aujourd'hui, il y a plus d'un milliard et demi de personnes qui regardent en moyenne une heure de vidéo tous les jours sur YouTube.

Greenpeace lance un appel aux plateformes de streaming pour qu'elles s'approvisionnent en énergies durables, comme le font déjà Google et Facebook. Consultez ici son rapport qui établit l'empreinte environnementale des sites et applications les plus populaires.

Changer les comportements
Tous les gestes comptent. Dans les transports, résistez donc à cette envie de scroller sans but sur vos applications et ouvrez-vous aux autres ou lisez un journal. Regardez vos séries en plus basse résolution, cela réduira par quatre votre consommation d'énergie. Videz régulièrement vos boites mails et diminuez la quantité ahurissante de pièces jointes ou de photos inutiles. Pour finir, désabonnez-vous de ces newsletters que vous ne lisez jamais.