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Une ministre attaque la BBC pour ses propos sexistes envers Bartoli

VideoLa BBC a été rappelée à l'ordre par sa ministre de tutelle qui n'a pas apprécié les propos sexistes d'un commentateur à l'égard de Marion Bartoli, lors de la finale de Wimbledon, le 06 juillet dernier.

Dans une lettre écrite la semaine dernière et dont le Telegraph vient
de se procurer une copie, la ministre britannique de la Culture, des Médias et des Sports, Maria Miller, a exprimé sa colère l'encontre des propos dénigrants tenus par John Inverdale, l'un des présentateurs les plus emblématiques du service publique britannique, à l'encontre de la récente vainqueur de Wimbledon, Marion Bartoli.

"Pas une Sharapova"
La remarque désobligeante du commentateur de la BBC Radio 5 avait fait couler beaucoup d'encres lors de la victoire de la Française sur l'Allemande Sabine Lisicki. "Pensez-vous que Bartoli père a un jour dit à sa fille durant son enfance "Tu ne seras jamais un canon, tu ne seras jamais une Sharapova, du coup, tu vas devoir t'accrocher et te battre"", avait-il lancé aux auditeurs.  Ces derniers avaient manifesté, par centaines, leur indignation à la BBC qui avait immédiatement présenté ses excuses. Inverdale avait invoqué une plaisanterie et avait salué l'exploit de la joueuse. "C'est un modèle pour les gens qui n'ont pas vu le jour avec tous les attributs d'athlètes-nés".

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"C'est un sujet de préoccupations pour moi que des commentaires sur l'apparence ou le poids d'une athlète féminine puissent être formulés durant un événement" s'est indignée Maria Miller, la ministre britannique de la Culture, des Médias et des Sports. © getty

Une démarche insuffisante aux yeux de Maria Miller, qui s'est adressée au Directeur-général de la BBC, Lord Tony Hall. "Par la présente, je vous exprime mes préoccupations à propos des commentaires émis par John Inverlade sur Marion Bartoli, lors de la retransmission radiophonique le week-end dernier de la finale dames de Wimbledon. C'est un sujet de préoccupations pour moi que des commentaires sur l'apparence ou le poids d'une athlète féminine puissent être formulés durant un événement retransmis à travers le Royaume-Uni et dans le monde entier".

Flegme
La ministre craint que ce genre de propos puisse décourager les femmes à s'intéresser au sport ou à le pratiquer. "Il est vital que des jeunes femmes soient encouragées à participer à l'engouement suscité par un événement sportif et soient prise en compte par les médias de la même manière que l'audience masculine".  Préoccupée par la façon dont les femmes sont perçues dans le sport et sur la façon dont elles sont considérées par les médias, Maria Miller invite le service publique à prendre des mesures pour valoriser les athlètes féminines et les spectatrices.

"Je vous serais reconnaissante de faire le point sur toute autre mesure susceptible de prendre en compte les plaintes (émises), et étudier les mesures positives que la BBC pourrait prendre à l'avenir pour faire en sorte que la perception et le commentaires sur les athlètes féminines, et le sport féminin en général, soient aussi les plus valorisantes et les moins exclusives possibles".

Marion Bartoli, de son côté, avait minimisé avec flegme l'incident. "Ce n'est pas important. Oui, je ne suis pas blonde. C'est un fait. Est-ce que j'ai rêvé de devenir mannequin? Non, désolé. Mais est-ce que j'ai
rêvé de gagner Wimbledon? Oui, absolument!".

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John Inverdale, ici tout sourire aux côtés du Belge Steve Darcis, avait ensuite considéré Bartoli comme "un modèle pour les gens qui n'ont pas vu le jour avec tous les attributs d'athlètes-nés". © belga