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Fantassins allemands pendant l'invasion de la France en juillet 1940.

Hugo Boss s'excuse pour le passé nazi de son fondateur

Connue pour avoir fourni les uniformes allemands pendant la seconde guerre mondiale, la marque de mode masculine Hugo Boss a présenté ses excuses pour la passé nazi de son fondateur, rapportent BBC Europe et The Telegraph.

"Hugo F. Boss n'a pas seulement rejoint le parti nazi car il fournissait les uniformes de l'armée allemande et du parti. Il était surtout un adepte des idées du National Socialisme", écrit l'auteur de 'Hugo Boss, 1924-1945', une biographie du couturier commandée par la marque elle-même.
 
Hugo Boss reconnaît aujourd'hui que le passé nazi de son fondateur n'était donc pas uniquement motivé par des raisons financières. Au lendemain de la victoire alliée, Hugo Ferdinand Boss expliqua en effet avoir soutenu les nazis dans l'unique but de préserver son entreprise.

Travail forcé
Dans cet ouvrage, on apprend aussi que l'une des premières importantes commandes du couturier allemand vint du parti nazi. Hitler demanda à Hugo Boss de lui confectionner les tristement célèbres "chemises brunes". En 1938, la marque commença à produire les uniformes de l'armée régulière allemande puis ceux de la Waffen-SS.

L'ouvrage raconte aussi le recours au travail forcé du couturier. A partir de 1940, Hugo Boss employa 140 travailleurs forcés, en majorité
des femmes enlevées par la Gestapo en Pologne. Dans la manufacture de Metzingen, une quarantaine de prisonniers français avaient également été réquisitionnés pour la production des uniformes de la Wehrmacht. 

La marque entend aujourd'hui "exprimer ses profonds regrets à ceux qui ont souffert dans la manufacture dirigée par Hugo Ferdinand Boss sous la dictature national socialiste."

Après la guerre, Hugo Ferdinand Boss, déclaré "opportuniste du Troisième Reich ", reçut une lourde amende (80.000 marks) et se vit privé de ses droits civiques. Il est mort en 1948. Le Washington Post révéla le passé honteux de la marque en 1997 et trois ans plus tard, la firme versait 500.000 livres sterlings au Fonds d'indemnisation des anciens travailleurs forcés. (mdv)