Plein écran
© "Mary Queen of Scots"

La vérité sur ce maquillage toxique et terrifiant

Margot Robbie est la dernière actrice à interpréter le rôle de la reine Elizabeth I au cinéma.

Plein écran
Margot Robbie © photo_news

Connue pour son charisme et son caractère déterminé, la fille d'Anne Boleyn est devenue reine d'Angleterre et d'Irlande à l'âge de 25 ans seulement. Surnommée la Reine Vierge, Elizabeth I ne s'est jamais mariée et la lignée des Tudor s'est éteinte avec elle, en 1603. Dans le film "Mary Queen of Scots", qui sortira au ciné au mois de février, Margot Robbie est la dernière actrice à se mettre dans la peau de ce personnage fascinant, après notamment Cate Blanchett ou Helen Mirren. Sur le tournage, la jeune actrice australienne a passé des heures à se faire maquiller pour reproduire l'apparence unique et caractéristique de la reine: une perruque rousse et un visage extrêmement blanc.

Plein écran
Cate Blanchett © "Elizabeth"
Plein écran
© "Mary Queen of Scots"

Méconnaissable, Margot a confié: "Personne ne voulait s'approcher de moi sur le tournage. Je me suis sentie très seule mais c'était une expérience sociale intéressante." En attendant la sortie du film, le site de Slate s'est penché sur la vie d'Elizabeth et les rumeurs autour de sa mort. En 1562, à l'âge de 29 ans, la reine a attrapé la varicelle, qui lui a laissé des marques et des cicatrices sur le visage. C'est à partir de ce moment qu'elle a commencé à se maquiller, pour cacher ses imperfections. À l'époque, les femmes issues de la noblesse utilisaient de la céruse, un pigment blanc opaque à base de plomb, et du vinaigre, comme fond de teint.  

Pour les femme de la période élisabéthaine, le blanc représentait un idéal de beauté et un symbole de jeunesse. Il n'était pas rare d'appliquer une nouvelle couche de céruse tous les jours, sans se démaquiller. D'après Slate, les sources historiques ne permettent pas d'assurer que la reine Elizabeth I arborait un maquillage aussi excessif que dans le film, mais il est probable que le plomb ait accéléré le vieillissement de sa peau, ce qui l'a sans doute encouragée à se poudrer de plus en plus au fil des années. Les auteurs de l'époque n'hésitaient pas à critiquer durement cette habitude féminine décrite comme superficielle et "ridicule", une manière aussi de décrédibiliser le pouvoir de la monarque. 

Selon l'écrivain Ben Johnson, un dramaturge anglais de la Renaissance, Elizabeth refusait de se regarder dans le miroir à la fin de sa vie. Très mince, elle a perdu toutes ses dents. Elle est morte à l'âge de 69 ans, après 45 ans de règne. Certains estiment que la céruse a fini par l'empoisonner. D'autres évoquent un cancer ou une pneumonie. Dans son livre "Face paint: Une histoire du maquillage", Lisa Eldridge révèle que la mode de la céruse a duré jusqu'au 19ème siècle. C'est grâce au développement des journaux intimes que les femmes ont peu à peu découvert les dangers du plomb dans le maquillage. 

Plein écran
© "Mary Queen of Scots"