Plein écran
© Getty Images/iStockphoto

Peut-on arrêter ce match du “meilleur” confinement?

BlogNotre journaliste Déborah Laurent est installée en Californie une grande partie de l’année. L’occasion pour 7sur7 de vous fournir l’information la plus rapide et la plus complète possible (merci le décalage horaire!). Et l’occasion pour elle de constater les différences culturelles impressionnantes avec notre plat pays et d’apprendre à vivre en famille loin de tous. Elle en parle sur son blog personnel Sea You Son (et sur Instagram iciFacebook ici et YouTube ici). Nous vous proposerons chaque mardi l’un de ses articles de blog ici.

Au début du confinement, c’était marrant de regarder ces nouvelles passions qui naissaient sur les réseaux sociaux. Ça faisait quelques jours qu’on était tous enfermés chez nous… Les réseaux sociaux faisaient ce à quoi ils servent: ils nous permettaient de garder un lien avec le monde extérieur. On s’est dit qu’Instagram, c’était un peu une fenêtre ouverte sur ce qui se passait dehors. C’était une petite bouffée d’air frais. Virtuel, certes. Mais frais quand même.

On a trouvé ça beau les partages de vidéos montrant les applaudissements aux balcons et elles étaient inspirantes, ces vidéos de yoga tournées depuis la carpette du salon. On aurait pu croire un instant que la vie virtuelle du confinement allait nous combler. Qu’on allait s’épanouir en suivant des formations ou des « lives » instructifs. Et puis, ça a dégénéré rapidement. Et ça a commencé à sentir le renfermé, au mieux, ou le pourri au pire.

Les interminables “directs” Instagram

Il y a d’abord eu ces alertes pour des « directs » qui se sont vite avérés d’un ennui mortel. Pourquoi? Parce qu’ils ne sont rien de plus qu’une interminable story où la personne que l’on suit répond, en parlant et sans sous-titre, à diverses questions posées par ses followers. A ce propos, qui écoute les gens parler lorsqu’ils font 15 storys d’affilées? Qui a le temps et l’énergie pour ça? Lors de ces directs, ici, on a droit, en prime, au regard vide ou paniqué, c’est selon, de la personne interrogée, qui cherche désespérément une question intéressante à laquelle répondre.

Elle est belle, ma miche!

Il y a eu ces milliers de gens qui se sont mis à faire du pain et qui ont posté la photo de leur croûte sur Instagram en disant à tous la satisfaction d’avoir mis leurs mains dans la farine sans gluten, la seule encore dispo au supermarché « et vendue à prix d’or ». Et vas y que je te compare ma mie et que je fasse croire à tout le monde qu’elle est aussi bonne que celle du boulanger alors que je ne l’ai même pas encore goûtée. Faire du pain soi-même est devenu tellement tendance que ça ne me donne plus envie d’en faire ni parfois même d’en manger.

Encore plus énervants en confinement: les parents parfaits

Il y a eu le match des parents qui assuraient la continuité pédagogique en filant des complexes aux autres, ces autres qui se sentaient obligés d’en rajouter sur leur incompétence parentale pour attirer la sympathie. Sur les réseaux sociaux, on se dénigre pour attirer le compliment, c’est bien connu. Il y a ceux qui ont dit que c’était un cadeau de la vie de passer tout ce temps avec leurs enfants et qu’il fallait « en profiter »… et ceux qui ont posté des blagues sur les infanticides parce qu’il faut se forcer à rire pour ne pas sombrer.

Sur le blog, je vous parle du match qui fait rage sur les réseaux sociaux: celui oppose les sans jardin à ceux qui ont la chance d’avoir un bout de terrain.