Plein écran
© Vinted

Vinted: économie circulaire ou greenwashing?

Créée en 2008 en Lituanie, la start-up comptabilise aujourd’hui 22 millions d’utilisateurs dans une dizaine de pays d’Europe, dont 700 000 en Belgique, selon Le Soir. Le principe, pourtant, n’est pas nouveau. Acheter et vendre des fringues en lignes, nombreuses sont les plateformes de vide-dressing qui le font déjà. Quelle est donc le secret de ce succès et ses dérives?

Son utilisation ultra simple

Site internet et application se distinguent par leur simplicité d’utilisation et leur design attractif. La recherche de produit est ciblée, on trouve en deux-trois clics une large gamme de produits qui peuvent intéresser l’acheteur potentiel. Par la suite, des suggestions sont émises par la plateforme dès l’arrivée sur la page d’accueil. De là, il n’y a qu’un pas vers le scroll infini de la page et les centaines d’articles qui défilent. Une vraie addiction pour les acheteurs qui a permis à Vinted de faire, en 2018 selon Les Échos, 1,4 milliard d’euros de chiffre d’affaire.

Profits importants et levée de fonds à répétition

Un somme qui détonne quand on connaît les débuts difficiles de l’entreprise. Car si Vinted est connue, c’est également pour ses levées de fonds à répétition, qui n’ont pas toujours connu des résultats probants, en tout cas jusqu’en 2016. Arrive alors Thomas Plantenga, ancien actionnaire, à la tête du groupe. Fermeture de bureaux européens, avec les licenciements que cela implique, nouvelle levée de fonds, automatisation de la modération du site et investissement de plusieurs millions dans les publicités en ligne, le changement est radical.

C’est une idée, cependant, qui va faire toute la différence. Plantenga propose de faire payer les acheteurs, lors de l’achat, pour le service proposé et non les vendeurs, lors de la mise en ligne du produit, comme c’est le cas sur d’autres plateformes. Le nombre d’utilisateurs décolle!

Surfer sur la vague écolo de son public cible

Vinted touche un public jeune et majoritairement féminin qui marque de plus en plus, on le voit avec les marches de lutte contre le réchauffement climatique, un intérêt fort pour l’écologie. Quoi de plus normal donc que d’essayer de trouver des alternatives à la fast fashion dont on connaît les dérives humaines et environnementales. Ceux et celles qui ne peuvent pas se payer des vêtements éthiques trouvent leur satisfaction chez Vinted où les commandes se font rapidement et pour un prix d’achat dérisoire.

Acheter toujours plus

Satisfaction qui n’est pas mauvaise en soi si ce n’est l’incitation par la plateforme, et le secteur de la mode en général, à acheter toujours plus. On vide ses armoires pour mieux pouvoir les remplir. Les vêtements qui ne conviennent pas, ne peuvent être renvoyés, et se retrouvent donc à nouveau en ligne pour atterrir chez un nouvel acheteur, à qui ils ne conviendront peut-être toujours pas. Le seul gagnant dans l’histoire ? Vinted et sa marge de bénéfice prise sur chaque produit acheté. De la seconde main, oui, mais qui s’insère dans un système de profit bien réfléchi.