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Capture d'écran. © ATP

Alexander Zverev: “Pour le moment, ils sont meilleurs que nous mais...”

"Pour le moment, ils sont meilleurs que nous mais...”. Les propos de l'Allemand Alexander Zverev, frappés de l'insolence de ses 22 ans, illustrent bien l'aplomb de la nouvelle génération décomplexée du tennis mondial.

Sur la photo de groupe prise devant l'Arène où se déroulera l'édition 2019 du Masters à partir de dimanche, Rafael Nadal, Novak Djokovic et Roger Federer sont les plus près du trophée qui sera remis dans 10 jours au vainqueur. Avec 55 titres en grand chelem et 103 ans à eux trois, les numéros 1, 2 et 3 mondiaux méritent bien cet honneur.

Mais autour d'eux, les encerclant presque, mais à une distance respectueuse, la jeune garde rôde avec Stefanos Tsitsipas, 21 ans, le tenant du titre Alexander Zverev, 22 ans, et Daniil Medvedev et Matteo Berrettini, 23 ans. "C'est nous qui créeront le futur de ce sport en tant que jeunes joueurs (...) c'est nous qui devront remplir les stades", a d'ailleurs lâché avec un naturel presque désarmant le Grec.

Après avoir remporté l'an passé le Next Gen, le Masters réservé aux joueurs de moins de 21 ans, ses performances sur le circuit lui ont permis dès l'année suivante d'entrer dans la cour des "grands".

“Le cycle de la vie...”

Il ne faut pourtant pas voir dans ces affirmations un manque de respect, mais un simple constat, partagé d'ailleurs par ses aînés. "C'est un moment stimulant pour le tennis. Il y a beaucoup de joueurs très jeunes qui s'améliorent", a souligné Rafael Nadal, au coude-à-coude avec Djokovic pour la place de numéro un mondial à la fin de la saison. "C'est le cycle de la vie et c'est sain pour le sport", a ajouté l'Espagnol.

Les jeunots savent pourtant que la transition ne se fera pas si rapidement et qu'il faudra lutter pour remplacer le trio qui a dominé le tennis sur plus d'une décennie. "Rafa, Novak et Roger ont eu une grande rivalité depuis de très nombreuses années. Elle a démarré jeune", a souligné Zverev, dont le titre l'an dernier avait déjà sonné comme un coup de semonce pour la vieille garde.

"La victoire de +Sascha+ (Zverev) l'an dernier (où il avait battu Federer et Djokovic, ndlr) a été un catalyseur" pour la jeune génération, a d'ailleurs estimé Federer. Mais les places promettent d'être chères et la lutte acharnée. "Les deux ou trois années à venir vont être excitantes parce que ces gars sont encore là et pour l'instant ils sont meilleurs que nous, c'est un fait", a détaillé Zverev.

Adoubés par le Djoker

"Mais on verra beaucoup plus de surprises à l'avenir. On verra des gars soudainement commencer à gagner de gros tournois, ce qu'on n'a pas trop vu ces 10 ou 15 dernières années", a-t-il estimé.

Berrettini, premier Italien depuis 41 ans à disputer le Masters est un peu l'exemple de ces stars potentielles de demain longtemps restées sous le radar. "J'ai marqué mes premiers points ATP à 19 ans. À cet âge-là, ils (les trois anciens) étaient déjà dans le top 10... Je suis un peu en retard mais je n'ai pas de pression pour autant", a-t-il plaisanté. Cette génération a, en tout cas, été adoubée par ses glorieux anciens.

"C'est un super message pour le sport d'avoir une nouvelle génération" qui pointe le bout de son nez, a jugé Djokovic. "On ne durera pas éternellement et, avec eux, notre sport sera dans de bonnes mains. Ils comprennent et respectent ce sport", a-t-il assuré. "On sera heureux de les suivre" à la télé, a conclu le Djoker. Mais juste pas tout de suite, pensait-il sans doute.