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“David Goffin, ce n’est pas Kyrgios. Il est sur la bonne voie”

Alors qu’il s’apprête à lancer son académie de tennis au Thermae Merchtem, Kristof Vliegen s’est également exprimé sur la fin de sa collaboration avec Arthur De Greef (ATP 211), l’état de forme de David Goffin et la nouvelle formule de Coupe Davis qui ne fait pas l’unanimité. Deuxième partie d’entretien.

Dans le reportage Tandem, diffusé sur Proximus, il semblait y avoir une belle complicité entre vous et Arthur de Greef. Comment expliquer la fin de votre collaboration depuis fin avril?

Je trouvais qu’il avait parcouru un fameux bout de chemin en quelques mois. J’avais l’impression qu’il s’attendait à ce que je m’investisse davantage, notamment en voyageant plus. Moi, je ne savais pas vraiment faire plus. L’explication qu’il m’a donnée, c’est qu’il n’avait pas vraiment besoin d’un entraîneur de tennis mais de quelqu’un qui puisse être à ses côtés tous les jours pour le soutenir.

C’est d’autant plus surprenant qu’il disait rechercher de la stabilité…

C’est là que le bât blesse. Il a besoin de stabilité, de points de repère. Il doit apprendre à rester serein à certains moments et pas se précipiter ou tout remettre en cause. Sur le terrain, c’est pareil. Il est comme ça. Il fonctionne à l’instinct. Il se pose très vite des questions sur lui-même, sur le tennis, sur ses entraîneurs. Je trouve qu’il devrait se poser un peu plus, je lui ai dit. Cela dit, je n’ai eu aucun problème avec lui. Il ne m’a jamais manqué de respect. On s’est quittés en bons termes. Il a fait un choix personnel qu’il assume j’imagine.

Depuis quelques semaines, David Goffin semble en progression, avec une finale à Halle notamment (ndlr. défaite contre Federer). Aujourd’hui, il dispute son troisième tour à Wimbledon face à Medvedev (ndlr. interview réalisée jeudi dernier). Va-t-il retrouver son meilleur niveau?

Je crois que David est de nouveau sur la bonne voie. Le choix de Thomas Johansson comme nouveau coach est un bon choix selon moi. Il avait besoin d’un entraîneur avec de l’expérience au plus haut niveau. En Belgique, il n’y en a pas. Maintenant, tout ne va pas venir d’un claquement de doigts. Je sais que les gens s’attendent à des résultats tout de suite mais il faut le laisser travailler sereinement. David, ce n’est pas Kyrgios, il a la tête sur les épaules. Il faut laisser le temps à ce nouveau binôme de mettre certaines choses en place. Ce n’est pas un hasard si les résultats comment à venir après quatre ou cinq mois. A Wimbledon, il livre des prestations de haut niveau, avec une victoire aisée contre Jérémy Chardy notamment.

Va-t-il réintégrer à terme le top 10?

Je crois qu’il va réintégrer le top 15. Avec un coup d’éclat en Grand Chelem il est même capable de se hisser plus haut. Franchement, quand il est au sommet de sa forme, il n’y a que quatre ou cinq joueurs qui sont vraiment au-dessus de lui. Et dans un bon jour, il peut battre tout le monde. En tous les cas, je ne m’inquiète pas du tout pour David. Il est sur la bonne voie.

Rafael Nadal a critiqué le système des têtes de série à Wimbledon, favorable à Federer. Est-ce que vous comprenez le point de vue de l’Espagnol ou est-ce infondé?

Sur le fond, il n’a pas tort. C’est l’une des particularités de Wimbledon. D’un autre côté, ce n’est pas nouveau, il ne le découvre pas. Ca fait 50 ans que les Britanniques font comme ça…

Tirades contre les arbitres, provocations, coups de génie, déclarations fracassantes: Nick Kyrgios, lui, fait le buzz tous les deux jours et ne laisse personne indifférent. Même chose pour Tomic ou Fognini. Certains estiment qu’ils salissent l’image du tennis, d’autres qu’ils pimentent justement un sport parfois aseptisé.  De quel côté vous situez-vous?

Ces joueurs-là apportent du piment quand ils jouent, pas quand il balancent. Moi aussi j’ai cassé des raquettes et commis quelques impairs, mais eux vont particulièrement loin. Quand je vois la scène où Kyrgios regarde un autre match pendant le changement de côté, je me demande ce qui se passe dans sa tête. Maintenant, c’est à l’ATP à fixer les limites. Je peux comprendre que des gens aillent voir Kyrgios en se disant: Ah, qu’est-ce qu’il va nous faire aujourd’hui? Limite les gens seront même déçus s’il se passe rien. Est-ce qu’une suspension de six mois lui servirait de leçon? Je n’en suis pas sûr…

La Belgique s’est qualifiée pour la phase finale de la Coupe Davis en éliminant le Brésil. Que pensez-vous de la nouvelle formule de cette compétition?

C’est une formule dictée par des raisons financières, pas sportives. Je regrette qu’il n’y aura plus cette ambiance qu’on pouvait avoir à domicile, avec les supporters déchaînés. Il y a du pour et du contre. J’aurais voulu préserver cet esprit Coupe Davis comme avant, mais les meilleurs du monde ne jouaient pas. Ici, ça va sans doute pousser les meilleurs à s’aligner car il y a une compensation financière. Cela dit, pour Belgique-Colombie, y aura-t-il réellement des fans dans le stade à Madrid?

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