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Big Sur en Californie © Getty Images

Cette ville est sur la liste des endroits à ne surtout pas visiter en 2020: j’y étais et j’ai compris

BlogNotre journaliste Déborah Laurent est installée en Californie une grande partie de l’année. L’occasion pour 7sur7 de vous fournir l’information la plus rapide et la plus complète possible (merci le décalage horaire!). Et l’occasion pour elle de constater les différences culturelles impressionnantes avec notre plat pays et d’apprendre à vivre en famille loin de tous. Elle en parle sur son blog personnel Sea You Son (et sur Instagram iciFacebook ici et YouTube ici). Nous vous proposerons chaque mardi l’un de ses articles de blog ici.

C’est là, au Sud de San Francisco, dans les vagues qui frappent la roche avec fureur, que le monde semble prendre fin. On entend le grondement de l’océan en contrebas des falaises. Le danger est partout. Les yeux posés sur l’horizon plongé dans un brouillard perpétuel, il ne s’agit pas de faire un pas de trop. Pendant longtemps, on est venu à Big Sur pour se défaire d’une peau devenue trop étriquée, pour se réinventer, pour oublier les tracas et l’agitation, pour se perdre en soi et se retrouver enfin.

Pendant longtemps, Big Sur a été le rendez-vous des poètes et des écrivains. Henry Miller s’y était installé tandis que Jack Kerouac avait trouvé refuge dans une cabane dans les bois de Big Sur après l'écriture du mythique Sur la route. Tous venaient chercher la solitude et le silence. Tous étaient à la fois émerveillés et terrifiés par l’océan immense prêt à tout engloutir sur son passage : la noirceur des âmes, sûrement, mais le beau aussi.

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Le Bixby Bridge à Big Sur © Getty Images

“Voici la Californie dont rêvaient les hommes d’autrefois”

Au 18e siècle, Big Sur portait le nom El pais grande del Sur. Le “grand pays du sud” n’avait pas de frontières bien définies. C’est toujours le cas aujourd’hui. Qui peut dire avec précision et assurance où commence et où finit Big Sur? Elle s’étale entre Carmel Highlands et San Simeon mais bien malin celui qui pourra dessiner ses limites. Big Sur est traversée par la California Pacific Highway 1, route mythique qui serpente dans la montagne et dont les pleins et les déliés dévoilent l’infini du Pacifique. On surplombe la grandeur et on se sent minuscule et insignifiant.

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© Getty Images

La route panoramique 1 est aussi belle que fragile. Elle est battue aux quatre vents toute l’année. Elle supporte le soleil intraitable et les pluies torrentielles. Il y a deux ans, une coulée de boue avait coupé Big Sur du reste du monde. Il a fallu 14 mois et 54 millions de dollars pour rouvrir la portion de route ensevelie. Henry Miller écrivait : “Voici la Californie dont rêvaient les hommes d’autrefois, voici le Pacifique que Balboa contempla, voici le visage de la Terre tel que le Créateur l’a conçu.”

Le Créateur n’avait pas prévu que la modernité et l’absurdité qu’elle provoque viendrait tout gâcher. Big Sur est désormais sur la liste des endroits à ne surtout pas visiter en 2020 de Fodor. J’ai vu où était le problème de mes propres yeux entre Noël et nouvel an... Lisez la suite ici.