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La Salton Sea: de la plage de rêve à l'apocalypse. © Sea You Son

Comment cette plage de rêve a-t-elle pu virer à l’enfer absolu en si peu de temps?

BlogNotre journaliste Déborah Laurent est installée en Californie une grande partie de l’année. L’occasion pour 7sur7 de vous fournir l’information la plus rapide et la plus complète possible (merci le décalage horaire!). Et l’occasion pour elle de constater les différences culturelles impressionnantes avec notre plat pays et d’apprendre à vivre en famille loin de tous. Elle en parle sur son blog personnel Sea You Son (et sur Instagram ici et Facebook ici). Nous vous proposerons chaque mardi l’un de ses articles de blog ici.

À Bombay Beach, le soleil brûle la rétine et la peau comme il a cramé les ambitions et les espoirs de ceux qui y vivent depuis toujours. Les carcasses de bagnoles côtoient les maisons délabrées. Les portes sont défoncées, l’air chaud s’engouffre par les fenêtres dont il ne reste que le chambranle. Le silence est aussi écrasant que la chaleur. On entend un oiseau, planqué entre deux lattes dont le bois a été grignoté par le temps et le manque d’entretien. Et puis, nos pieds qui trébuchent sur les débris qui jonchent le sol: tuyaux, fil électrique, éclats de verre. 

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Bienvenue à Bombay Beach. © Sea You Son

La plage dégueulasse qui n’a rien de la Californie de carte postale

Difficile à croire qu’il y avait une vie avant, à Bombay Beach, des rires, du golf, des après-midis de baignade dans la Salton Sea. Avant, c’était hier: à Bombay Beach, l’activité battait son plein dans les années 50-60. Une poignée d’années plus tard, le coin n’a plus rien de la Californie de carte postale. Le paradis a viré à l’enfer dès la fin des années 70. Ça pue l’essence, le sel, la mort. Le long du rivage, on marche sur les carcasses de poissons vidées de toute leur sève par un soleil intraitable. Les pieds glissent sur des nappes de kérosène. Les habitants, ceux qui en avaient les moyens financiers, ont déserté les lieux. Ceux qui sont restés meurent à petit feu. 

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La plage de Bombay Beach. © Sea You Son

La Salton Sea est née sur un (mal)heureux hasard. Le Colorado a pénétré dans le désert, creusant ses digues à la force de ses courants. Il a fallu deux ans pour voir apparaître cette mer inespérée dans un environnement d’une rare aridité. Oiseaux et poissons ont pris leurs aises et les promoteurs immobiliers ont flairé la bonne affaire. Hôtels, clubs nautiques, maisons, écoles se sont mis à fleurir. Personne n’a pris garde au danger qui menaçait.

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La Salton Sea à l'époque où elle était une station balnéaire agréable. © DR

De l’air vicié plein les poumons

Les eaux gorgées de pesticides arrosant les cultures des fermes voisines ont peu à peu remplacé celles de la Salton Sea, qui s’évaporent sous le soleil du désert. L’eau, en circuit fermé, est devenue plus salée que l’océan. Des milliers de poissons sont morts, leurs restes jonchent le rivage. L’eau est un poison pour des milliers d’oiseaux migrateurs. Les émanations toxiques s’attaquent désormais à la santé des 200 habitants vivant encore à Bombay Beach. Mais pas seulement: le vent entraîne cet air immonde sur des centaines de kilomètres aux alentours. Les enfants de la région immédiate ont les niveaux d’asthme les plus élevés de toute la Californie. 

Mais le malheur des uns fait le bonheur des autres: les Instagrameurs viennent régulièrement s’y exhiber. Lisez la suite de l’article sur le blog en cliquant ici.

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© afp
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Les poissons meurent et s’échouent le long de la Salton Sea. © ap
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    J'ai fait la meilleure attraction de ma vie à Universal Studios

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